DES MATHÉMATIQUES. Part. II. Liv. I. 38 9
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Parmi les protecteurs qu’eut l’astronomie citez les Persans , nuides plus magnifiques est le roi Holagu Ilecou-Kan. Ce prince,petit fils de Genghis-kan, avoit été envoyé par son oncle Oc tai,empereur Tartare , pour subjuguer les pays situés à l’occident.11 entra dans la Perse vers Pan 1264 , et il la subjugua rapidement,après avoir pris prisonnier le sultan Mostasem , le dernier dela famille des Abassides. On a dit que l’astronome Nassir-Eddinfut la cause de cette révolution; qu’ayant été outragé par Mostasem,à qui il présentoir un de ses ouvrages, il se retira cl cz Holagu,et qu'il l’engagea à porter la guerre chez son ancien maître. Maiscette histoire est fausse ; car dans le temps que ce successeurde Gengic-Kan détrônoit Mostasem , cet astronome étoit tombéentre les mains des Ismaéliens, qui leretenoient esclave dans unde leurs châteaux de l’Iraque Persienne, et il n’en fut délivréque lorsque ce conquérant eut subjugué ces brigands. Ce fut alorsqu'Holagu le prit en amitié, à cause de ses grandes connoissancesen mathématiques ; il le combla de biens; et voulant faire fleurirl’astronomie qu’il ai moi t beaucoup et qu’il cultivoit, il assemblapar son conseil les plus habiles gens de la religion musulmane ,ct en composa une sorte d’académie, dont l’occupation ne devoitêtre que de perfectionner cette science. La ville de Maragha,voisine de Tauris, et dont l’exposition étoit favorable , futchoisie pour y construire un observatoire. Ce fut-là qu’on ob-serva long-temps sous la direction de Nassir-Eddin , qui futétabli le président de cette assemblée de savans , qualité qui futencore relevée par celle de Chef de tous les mathématiciens dePempirc. M. d’IIerbelot nous a transmis les noms de quelques-uns de ces astronomes, coopérateurs de Nassir-Eddin; savoir,Aimoviad Al-Aredi de Damas, Al-Eakr de Maragha, Al-Kelathde Tefílis, Nagmeddin de Casbin. On doit sans doute aussi leurajouter Nedammoddin , le disciple de Nassir-Eddin, qui écrivitentr’autres un traité de 1 explication des années, qui est dansla bibliothèque de Leyde.
Nassir-Eddin composa à Maragha divers ouvrages, entr'autresune théorie des mouvemens célestes, un traité de l’Astrolabe,et sur- tout ses Tables , fruit de douze annéesd'observations, etqu’il nomma llécaniques, du nom de son bienfaiteur. Ces Tablesont eu et ont même encore dans l’Orient une grande célébrité ;et elles y passent avec celles d’Ulugh-beigh pour les plus exactesqui aient été faites.
On s’étonnera , avec quelque raison , en voyant un princeTartare, élevé au milieu des horreurs de la guerre, avoir u»