DES MATHÉMATIQUES. Part. II. Liv. I. 3 99de régler le temps; T autre le goût qu’ils ont pourTastrologie,qui ne peut se passer du secours de l’astronomie eìle-même.
Toute nation policée, en effet, ne peut se dispenser d’avoirune méthode réglée de compter les temps, et les Turcs, à cetégard , se sont donné les soins nécessaires pour y parvenir. 13 semployeur à la vérité, comme les Arabes, les années lunairesdans l’usâge civil et religieux. Mais cependant ils n’ont pas en-tièrement négligé le moyen de la faire concorder avec Pannessolaire, et ils lontusage pour cet effet d'un cycle de 96 ans, qui est lapériode Métonìcienne répétée cinq fois. Ils paroissent tenir cecycle des chrétiens cl’Alexandrie ; car ce fut une invention del’évêqueAnatolius. Ils ont au reste, selon le prince Cantemir, desméthodes pour calculer assez exactement le jour , l’heure et laminute d’une conjonction ou opposition lunaire, ainsi que d'uneéclipse, soit lunaire , soit solaire ; et ils en font usage dans laconfection de leurs almanachs annuels, qu’ils nomment du nomPersan Rus-na/imé .
Le calcul de ces almanachs est confié à f astronome impérial,qui se fait aider par beaucoup de gens exercés dans ce calcul,et présente^au sultan le nouvel aimanach, écrit sur une longue
{ >eau roulée à la mode des livres anciens. Mais il s’en fait poure public et pour les seigneurs Turcs, de petits, reliés en formede livres européens et fort décorés. On trouve dans ces almanachsle cours de la lune et du soleil, les phases de la première , avecles éclipses, mais seulement celles qui doivent être visibles àConstantinople. C’est à deux habiles Turcs que la nation estredevable de ces méthodes de calcul. L’un se nom moi t Mus-tapha ben-Ali surnommé Almouackat, ou observateur des tempset des lieures ; il étoit attaché à la mosquée de Selinì 1, et pu-blia, fan de f hégire y4o, Q 633 de d. C.) son livre intitulé Talassareu turc, où il explique' aux musulmans les combinaisons deTannée arabe avec les années solaires Juliennes , et les cyclespar lesquels on les fait concorder. L’autre astronome Turc estDarandeli Mehemet Effendi, qui vivoit ii y a une centaine,d’années. II s’est rendu célèbre par son lìiis-nameh. Cet ou-vrage contient des tables, qui donnent avec assez de précisionles jours , heures et minutes de chaque lune. Ce Rus-nameh , oucalendrier perpétuel turc, a été imprimé en 1676, à Augsbouvgen sa langue originale , et sans traduction, mais avec une disser-tation savante , par M. Velschius.
Nous remarquerons encore comme une singularité, que les Turcsont, dans la bibliothèque publique du sultan Mehemet Tas-tronomie de Cassini traduite en turc. Mehemet Effendi \ quivint en France comme ambassadeur du sultan , en 1740 , et qui,-en homme instruit, vit ayee satisfaction 1 observatoire de Paris ,