DES. MATHÉMATIQUES. Part. II. Lit. III.particulier le plafond d’une pagode ou Chouttrie , sise à Ver-dapettah dans' le Maduré, dont M. J. Ca//., écuyer, envoyaen1772 le dessin à M. Maskelyne ; on peut le v oir dans le volume destransactions philosophiques de cette même année. Les signes qui ysont représentés dans les compartirnens quarrés qui environnentcelui du milieu , sont, à peu de chose près, les précédens. On yremarque seulement que le signe du Capricorne se rapprochedavantage du Capricorne Grec; car au lieu d’un Bouc finissanten poisson, c’est un Bouc avec un Poisson comme accouplés.On y remarque aussi, qu’au lieu des deux figures des Gémeaux,il n’y en a qu’une. M. Call parle de plusieurs autres lieux, oùil a vu les mômes signes, entr’autres un sur la côte de Coro-mandel , et'la pagode de Teppecolam , près Mindurah. II estdu sentiment que ce sont des monumens très-anciens, et peut-être antérieurs à la conquête des Indes par les Perses ; il l’appuyemême sur l’observation, que les Indiens sont tellement attachésà leurs anciens usages, qu’ils n’en adoptèrent jamais aucun desnations étrangères, même de leurs conquérans ; ce qui porte àcroire à plus forte raison qu’ils n’eussent pas admis dans leurstemples cette décoration, si elle eût pris naissance hors de chez;eux. Je sens toute la force de cette raison, mais je ne cessepas de persister dans mon opinion , et voici sur quoi je lafonde.
Est-il bien vrai que les Indiens soient si constans ne rienrecevoir des étrangers ? cela ne paroît pas si bien établi.Car, i°. ils conviennent eux-mêmes devoir leur astronomieà un peuple étranger, situé au nord du leur. 2". Une traditionIndienne rapporte, suivant le P. Pons (1), qu’un Grec , quivoyagea autrefois dahs l’Inde , où il apprit la science des Brames,leur enseigna à son tour une méthode d’astronomie ; ils ontpu alors recevoir les noms des signes du zodiaque, qui , je lerepete, n ont point la physionomie Indienne. 3°. Le même mis-sionnaire raconte que, de son temps, le Raja Raesing, fit traduiresous son nom les tables de la H ire ; sans doute seulement cellesdu soleil et de la lune; ce qui, dit il , fera peut-être un jourregarder ce prince comme un grand astronome , et lui feraattribuer des découvertes déjà faites en Europe. Si l’on admetces faits , il faut en conclure qu’il n’est pas vrai sans exception,que les Indiens n’adoptent rien des étrangers ; et si l’onjoint à cette raison celle du peu d’analogie des signes du zodiaquedes Indiens, avec les objets de leur culte , les instruinens deleurs arts ou,les animaux qui leur étoient familiers, il paroìtradifficile de se refuser à donner au zodiaque Indien une origine
(1) Lettr. édif. et curieuses, t. x6.
Tome I.
)
Iii