US HISTOIRE
principalement des Siamois, qui paroissent faire quelque usag»de l’astronomie. Ce n’est pas à la vérité pour l’astronomie mômequ’ils la cultivent, si c’est la cultiver que d’être en possessionde quelques règles mémoriales et techniques, pour calculer lelieu du soleil et de la lûne , sans se soucier d’en approfondirles principes. Leur objet seul paroît être de tirer l’horoscoped’un sujet, par la position de ces deux planètes, au moment desa naissance. C’est au surplus à l’Inde, c’est-à-dire, à cette partiede l’Asie , située entre l’índus et le Gange , qu’ils doivent cesrègles ; ou ne peut en douter par leur analogie avec celles desIndiens, et àd’autrescaractères.
Nous devons à M, de la Loubòre, envoyé extraordinaire deLouis XIV auprès du roi de Siam , en 1687, la connoissance deces règles ; de retour en France, il les communiqua au célèbreCassini, qui , après les avoir méditées, en retrouva les prin-cipes, malgré la complication des opérations souvent inutiles,qui y entrent, et qui paroissent n’avoir pour objet, que d’envoiler les l'ondemens. Malgré ces difficultés, il parvint à devinerl’énigine , et il démêla, sous celte enveloppe obscure, deuxépoques , l une purement civile , qui date de 544 ans ayantJ. C., temps auquel mourut, suivant eux, leur fameux Sommona -codom ; l’autre astronomique, qui date de l an 638 de notreère , et nommément du 21 mars de cette année, jour où arrivaune nouvelle lune équinoxiale , à 3 h du matin , pour Siam ,et qui fut encore remarquable par une grande éclipse de soleil,arri vée quelques heures après. On volt par ces règles, que leurs au-teurs savoient faire la distinction de farinée solaire tropique, qu’ilsestimoient de 365j 5 h 55 f environ, comme Hipparqueet Ptolémée,et de l’année solaire tmomalistique, c’est-à-dire, du retour dusoleil à son apogée , qu’ils firent de 365) 6 h ia ; et quelquessecondes. O11 y reconnoît aussi l’équation du soleil , tantôtadditive , tantôt soustractive ; les deux équations de la lune ,un cycle de 19 ans solaires , équivalant à a35 lunaires, dontla combinaison parut à M. Cassini plus avantageuse que celledu cycle de Métou, que nous avons adopté, etc. etc. On peutvoir cette curieuse divination astronomique , dans le VIII e vo-lume des mémoires de l’Académie des sciences , avant le renou-vellement, ou bien dans la relation du royaume de Siam, parM. de la Loúbère, qui Fy a insérée, en entier (Tome II. ) M.Cassini trouve cette méthode ingénieuse , et il ajoute que si ellectoit rectifiée en quelques points , savoir , en quelques-uns deses élémens, et simplifiée en d’autres, elle pourroit être utileen certaines circonstances. En effet, il semble qu’on ne p ou voltrien imaginer de mieux, pour affranchir le calcul des mou-vemens du soleil et da la lune , de Fappareil des tables. Si nous