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Tome premier.
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4^6 HISTOIRE

formassent déja un empire. Le genre humain , réduit par cett®catastrophe à une seule famille qui n’étoit pas nombreuse, dutrester rassemblé quelques générations ayant de se disperser.Lorsque ce moment fut venu , la population ne put se faireque de proche en proche. Ainsi il est impossible que la nationChinoise existât mêine encore à la date de la dernière obser-vation , ou tout au plus ne consistoit-elle qu’en un petit nombrede familles les plus avancées vers l’Orient. Or, des hommesoccupés laborieusement à se procurer les premiers besoins de lavie, dans un pays qu’ils sont obligés de dessécher et de labourer,songent-iis à cultiver la science des astres?

On ajoute que ces phénomènes ont pu être calculés posté-rieurement, et cjue les Chinois , souverainement jaloux et vainsde leur antiquité, peuvent les avoir insérés dans les annales fa-buleuses de leur origine. Enfin, dit-on , quelques siècles avantl’ère chrétienne , l’ernpereur Tsin-chi-hoang-ti fit brûler tous leslivres. La mémoire de ce qui s’étoit passé jusqu’alors a donc dûêtre effacée, et l’observation de la conjonction dont ont a parlé ,celle de l’éclipse de Tchong-kang, ainsi que le décret contre lesastronomes négligens, Ho et Hi, ne sont que des fictions.

On convient de la force de ces objections, mais elles ne sontpas sans réplique. Premièrement l’on peut mettre les livres saintsà l’abri dti ravage qu’y fait l’astronoinie Chinoise, en adoptantla chronologie des Septantes, qui recule l’époque du déluge de900 ans. Alors nous trouverons un temps suffisant pour fairepeupler l’Asie de proche en proche, et mettre , 2600 ans avantl’ère chrétienne , les Chinois en corps de nation déjà assez nom-breux pour former un empire naissant.

En second lieu, lorsqu’on dit que Tsin-chi-hoang-ti fit brûlertous les livres , cela s’entend qu’il fit un édit sévère , par lequelil l’ordonnoit ; mais l’on ne sauroit croire qu’il soit venu à boutde son dessein, vu rattachement de la nation Chinoise à sesantiquités. O'ailleurs on donne comme certain que cette pros-cription ne porta que sur les livres des historiens et des moralistesChinois , parce qu’ils étoient une censure continue du gouver-nement tyrannique et insensé de cet empereur. Si cette main-Lasse sur tous les livres avoit eu lieu , il faudroit donc direque toute l’histoire Chinoise, avant cette époque , est une fictioncontinuelle, ce que n’admettront point ceux qui ont examinéses monurnens.

En troisième lieu , il est fort peu croyable que les Chinoisaient jamais eu une astronomie assez parfaite pour déterminer,par le calcul, des phénomènes aussi reculés. C’est tout au plusce qu’on pourroit attendre de nos tables modernes. Les pins

légères