46o HISTOIRE
Tchang. Elle étoit néanmoins vicieuse , en cê qu’ils saisoientl’année lunaire trop grande. Car elle n’est véritablement que de35 ^ 8 h 48'-Aussi le Tsien-pien remarque-t-il que cette périodede 19 ans n’est pas entièrement juste, et il prétend, que laprenant 27 fois , ce qu’il appelle hoey , et trois hoey pour un tong,et trois tongs pour un hiven , il en résulte une période de4617 ans, qui est absolument juste, sans le moindre reste;ce que je laisse à examiner.
Mais jc ne puis m’empêcber de remarquer ici que la manière,dont, suivant ce récit, ces astronomes concevoient le mouvementpropre du soleil et de la lune, a beaucoup d’analogie avec celledont le faisoit Leucippe. Car ce philosophe Grec ne disoitpas que le soleil eût un mouvement propre, en sens contrairedu mouvement général et diurne de la sphère céleste ; maisqu’il restoit en arrière à l’égard des étoiles fixes. Cette ressem-blance d idées est assez remarquable.
On rapporte encore à Yao Tinstitution du zodiaque lunaire ,ou une division du zodiaque en 28 constellations, appelléeles mansions de la lune; on la trouve aussi, comme on Ta vuchez les Indiens. Il lit faire, dit-on, la carte de TEmpire , etce fut probablement lui, qui institua ces lois sévères contre lesastronomes préposés à la prédiction des phénomènes célestes ,qui y manqueroient par négligence.
II est à propos de parler ici de la période, d'après laquelleles Chinois comptent les années de TEmpire et des souverainsqui ont régné sur eux. Ce n’est point, comme nous , par sièclesou par périodes de cent années , mais par des périodes de 60 ans,dont chacun porte un nom particulier , composé de deux mots.Voici la mécanique de cette dénomination : il y a deux suitesde mots, Tune de dix, comme hia, y , ping, ting, ou, kì ,kong, sìn ,yen, koui ; etl’autre de douze , savoir , tsée , tcheou ,y n , mao , tcheu , sée , ou , ouei , c heu , yeou , hiu , hai . Oncombine donc le premier de Tune avec le premier de l’antre,le second avec le second ; de sorte qu’après dix combinaisonssemblables, le premier mot de la première suite se rencontreavec le onzième de la seconde; le second de la première, avecle douzième de la seconde ; le troisième de la première , avecle premier de la seconde , qui commence à se répéter , etainsi de suite , jusqu’à ce que le premier de Tune se rencontreavec le premier de l’autre. Or , cela n’arrive qu’après 60 com-binaisons semblables , ou 60 ans révolus. Ainsi Ton ne dit pasla première, la seconde année du cycle , etc.; mais Tannée hia;tsée ; y-tchaou , etc. II en est de même des jours, le premierde chaque année porte le nom de Tannée , après quoi on lescompte par les noms composés de la période sexagénaire, qu’on