470 HISTOIRE
par l’empereur Chun-Ti, qui l’iionora d’une familiarité peu
ordinaire aux monarques asiatiques.
Ce prince , dont le règne lut très-court, étant mort, on proíìtade la minorité de son successeur Karig-IIi, pour élever unecruelle persécution contre les missionnaires Jésuites. Le P. AdamSchall fut dépossédé de sa charge , enfermé avec ses compagnonsdans d’obscures prisons, enfin condamné à la mort la plusignominieuse et la plus cruelle qu’on connoisse à la Chine : maiscette sentence n’eut point d’exécution. Cependant l’astronomieChinoise remonta sur le trône pour donner de nouvelles preuvesde sa foiblesse. Le calendrier retomba bientôt dans un tel dé-sordre , qu’on annonça la huitième année de Kang-Hi commeintercalaire , quoiqu’elie ne dût point l’être. Ces défauts devenantde jour en jour plus apparens , l’empereur Kang-Iíi, qui danssa tendre jeunesse avoit ouï parler de l’habileté des missionnaires,ordonna qu’on les consultât. On les tira de leurs prisons, et onles lui amena. Sur la demande que leur íit l’empereur s’ils étoienten état de montrer les défauts du calendrier , et de le remettreen ordre, le P. Verbiest s’offrit à les rendre sensibles par desobservations anxquelles il seroit impossible de se refuser. Ellesfurent faites en présence de l’ernpereur assisté d une cour nom-breuse, et l'ignorance de l'astronome Chinois qui présidoit autribunal, ayant été démasquée, le P. Verbiest fut chargé dusoin du calendrier, et en 1669 établi président du tribunal desmathématiques. Cette affaire fut traitée avec le môme appareilque si le salut de l’Empire en eût dépendu (i). Lïgnorant etméchant Yang-Kang-Sien, qui avoit soulevé la tempête contreles Jésuites, et qui les avoit fait chasser du tribunal , fut con-damné à mort : peine qui fut commuée en celle d’une prisonperpétuelle dans une place frontière de 1 Empire. Ainsi se terminacette querelle entre l’astronomie Européenne et la Chinoise. LeP. Verbiest fut chargé de refondre , pour ainsi dire , tout l’ob-servatoire du tribunal. II le garnit dïnstrumens Européens , etles anciens furent relégués dans quelques souterreins , oîi le P. leComte, dans ses mémoires sur la Chine , dit les avoir vus en1687; il fait dans ces mémoires la description de ces instrumensnouveaux et de ['observatoire Chinois, qu’il ne trouve nullementrépondre à l’idée qu’on en avoit en Europe. Mais le P. Verbiestavoit quitté l’Europe long temps avant l’cpoque, où ['astronomiepratique avoit fait, entre les mains des Cassini, des Halley , desPlaniste,ad, des Picard , etc. , les progrès connus de tout lemonde ; depuis ce temps ['astronomie Européenne a toujours euìe dessus à la Chine, et le P. Verbiest étant mort en 1684 , il
(j) Histoire de la Chine du P. Dèlulèe, t. 3.