DES MATHÉMATIQUES. Part. IIJ. Lit. I. 4 piqu’il viendra un temps, où leur cours sera connu et assu » ttià des règles, comme celui des planètes. A en juger par cetrait, Sénèque eùt eu un peu de peine à adopter les vérités lesplus sublimes de l’astronoiiiieùnoderne.
Frontin, ou Julius Sextus Frontinus, s’est fait un nom parson livre : De Aquaeducïîhus urbìs Roman , à la conduite (les-quels il fut préposé plusieurs années sous l’etnpereur Vespasien.11 y montre autant d’habileté qu’on pouvoit en avoir dans cegenre, en un temps où les vrais principes de l’hydiauliqueétoient encore inconnus ; il en entrevit même quelques-uns.
On doit à Censorin, qui vivoit vers l’an 340 de J. C., plu-sieurs traits curieux relativement à l'astronomie et au calen-drier. C’est dans son livre De Die natali , qu’il nous les a trans-mis. Mais tout cela mérite à peine qu’on le qualifie de con-noissances mathématiques.
Je ne sais enfin si je dois parler ici de Julius Firmicus Mater-nus, qui vivoit vers le même temps. Je ne le fais que parceque la réputation, dont il a joui pendant un temps, semblaen imposer la loi : mais son ouvrage (r) ne contient qu’unepitoyable astrologie, sans un seul mot presque de solide astro-nomie. Nous nous sommes fait une règle de passer sur cettesorte d’auteurs, dont les pitoyables rêveries déshonorent l’es-prit humain.
I I.
II ne faut que connoître un peu l'histoire de l’empire d’Oc-cident, pour trouver les causes de l’ignorance , et sur-tout decelle des sciences'exactes, que nous allons voir régner pendantplusieurs siècles. Cette partie de l’Europe attaquée de tous côtés,ct subjuguée par des barbares venus du Nord, qui ne connois-soient d’autre mérite que celui d''une valeur féroce, comrnen-çoit à peine à respirer , qu’un nouveau fléau venu du midi,vint la menacer des mêmes horreurs. Dans des circonstancessi malheureuses, doit- on s’attendre que les sciences y pussentprendre racine , et frapper de leurs attraits des hommes uni-quement occupés du sont d'attaquer ou de se défendre? Sidonc dans le même temps les sciences exactes perdoient déjàleur éclat chez los Grecs, où il avoit été si brillant, il ne fautpas s’étonner qu’elles fussent négligées , et à peine connuesdans l'Occident, où, dans les temps même les plus éclairés def empire Romain, elles avoient à peine jeté quelques foiblestraits de lumière.
Les cinquième, sixième et septième siècles nous offrent moinsdes mathématiciens , que des philologues qui ont par occasion
(1) Astrommkon , s ive Mztàescos libri 8, Basil. 1551, in-fol.
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