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Tome premier.
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49 8 HISTOIRE

808, il n’y a eu de conjonction visible de Mercure avec leSoleil, à l’égard d’aucun point de la terre.

C’est à l’époque de ces siècles d’obscurité ponr les scienceshumaines , qu’on rapporte la prétendue condamnation de lacroyance des antipodes dans la personne du prêtre Virgile ,par le pape Zacharie. C’est sur la foi d’Àventin, dans son his-toire de Bavière ( i ), qu’on raconte ce fait. Mais l’ainour de3 a vérité nous oblige d’observer qu’il a été fort déíiguré, soitpar la crédulité, soit par la mauvaise foi. Voici à quoi il seréduit, selon Baronius, et le savant et impartial auteur de l’his-toire ecclésiastique, M. l’abbé Fleuri.

L’évêque Boniface qui porta la foi chrétienne en Allemagne »ayant eu quelques démêlés de sentimens avec le prêtre Virgile,son coopérateur, l’accusa, soit par ressentiment, soit par per-suasion , de quelques erreurs. On n’a pas la lettre qu’il écrivitau pape Zacharie sur ce sujet ; mais la réponse qui subsiste ,nous apprend quelle étoit Terreur imputée justement ou injus-tement à Virgile ; car Zacharie y dit : « s’il est prouvé qu’ilm soutienne qu’il y a un autre monde, et d’autres hommes sous» la terre , un autre .Soleil et une autre Lune , chassez-le de*> Téglise». ( Baronii Annales , ann. 748). Or on voit par là ques’il y avoit quelque réalité dans T accusation intentée à Virgile,c’est qu’on mettoit dans l’idée des antipodes des circonstancesabsurdes, comme un autre Soleil et une autre Lune. II paroî-troit même par-là qu’on imaginoit un autre monde, dont noushabiterions Tétage supérieur; et c’est-là à peu-près l’idée que seforment des antipodes, les gens grossiers, et dépourvus de touteconnoissance mathématique. Or ne pouvant y avoir entre ceshommes et nous aucune communication , il en résultoit qu’ily avoit sous terre, ou clans la terre, une espèce d’hommes quine sortoit point d’Adam , prétention qu’on sé croyoit en droitd’anathéinatiser. Mais quelle que soit la justice ou T injusticede cette condamnation, elle ne tomboit point sur la rondeurde la terre, ni sur la possibilité qu’il y eût dans l’hémisphèreopposé au nôtre, des êtres vivans. C’est par une semblableraison, que St. Augustin qui reconnoissoit la rondeur de laterre, nioit l’existence d'hommes qui habitassent la partie oppo-sée à la nôtre. Car on étoit persuadé de son temps que lazone terri le étoit une barrière insurmontable, ensorte que s’ily eût tu des hommes dans l’autre hémisphère , ils eussent étéd’une autre race que nous, ce que les idées religieuses dutemps ne permettoient point d’admettre. Nous sommes, il íàutl’avouer, plus aguerris aujourd’hui. Mais pour en revenir à

( 1 ) Annales Boyorum,