DES MATHÉMATIQUES. Part. M. Liv. I. 4 99I’histoire du prêtre Virgile, on voit que ce ne fut pas l’idéephysique de la rondeur de la terre, que condamnoit le papeZacharie ; mais celle qu’il y eût quelque part sous la terre oudans la terre , des hommes issus d’un autre père qu’Adam.Au reste Virgile, ou fut reconnu innocent, ou abjura ses ideessur cette race d’hoinmes étrangères à la nôtre ; car il fut quel-ques années après fait évêque de Saltzbourg, où il mourut en
II se trouve ici un long intervalle de temps, près d’un siècleet demi, pendant lequel je n’ai pu, malgré mes recherches,rencontrer un seul mathématicien. Je crois pouvoir regardercette période de temps , comme celle de la plus profonde obs-curité qui ait régné en Occident. Mais vers le milieu et la lindu dixième siècle , l’esprit humain sembla faire quelques effortspour se réveiller de ce long engourdissement. On vit alors quel-ques hommes qui, épris des connoissances mathématiques , mon-trèrent un zèle digne d’éloge pour s’en instruire. Les Arabeschez lesquels elles íleurissoient alors, surent pour les Chré-tiens ce que jadis a voient été les Egyptiens pour les Grecsavides, de savoir. Parmi ceux que ce noble motif porta à entre-prendre ces voyages, on distingue le fameux Gerbert, que sonmérite et son savoir élevèrent dans la suite au pontificat sousle nom de Silvestre II; mais avant d’entrer dans les détailsde ce qu’on dut alors à Gerbert, il est nécessaire de porter sesvues quelque peu en arrière.
Le monastère de Fleuri, de l’ordre de St. Benoît , avoitalors à sa fête un abbé d’un très-grand mérite; c’est Abbon,dont Aimoin nous a donné la vie. 11 avoit beaucoup de goûtpour les sciences, et môme pour les mathématiques encoresi peu connues. Car on cite les titres de quelques ouvragesqu’il avoit composés sur l’astronomie; ils existent même enmanuscrits dans diverses bibliothèques. 11 étoit en correspon-dance avec les savans de son ordre, parmi lesquels on se borneà nommer Bridferth , anglois , dont on a quelques écrits mathé-matiques insérés parmi les œuvres de Bède, en particulier celuiDeprincìpiis Mathematicis ; on ne sait, au reste, rien de plusconcernant ce mathématicien. Quant à Abbon, doué du goûtqu’on vient de dire pour les^ sciences , il lit de son monastèrede Fleuri une école célèbre de savoir et de piété. On y envoyoistous les sujets de son ordre, qui donnoient de grandes espé-rances, et de ce nombre fut Gerbert, né en Auvergne , versle commencement du dixième siècle. Mais cet homme avidsde connoissances 11 ’eût pas plutôt goûté dans ce monastère les
R r r a