5oo HISTOIRE
Î irémices des sciences, qu’il vit que la chrétienté ne pouveîtui fournir des secours ■ sufsisans pour y faire de grands pro-grès. II ne s’enfuit pas, comme je l’ai dit autrefois, mais ilobtint la permission de passer en Espagne, où elles étoientplus cultivées chez les Arabes qui y dominoient alors , et ya voient deux écoles célèbres à Cordoue et à Grenade, où l'onaccouroit de l’Orient et de l’Occident. Gerbert lit en Espagnedes progrès dans les mathématiques , tels qu’il surpassa bientôtses maîtres. L’arithmétique, la musique, la géométrie, l’astro-nomie, lui furent familières, et de retour en France, il y litconnoître ces sciences oubliées depuis si long-temps. 11 écrivitsur la géométrie un livre qui, après avoir reste Iong-tempsmanuscrit, a. été publié par les savans auteurs d u Thésaurusanccdotorum novissìmus , t. d, deuxième partie. On y voit queGerbert connoissoit le contenu d’Euclide et d’Archiiriède. Lelivre ne contient cependant pas une doctrine profonde ; c’estplutôt un livre de géométrie pratique , et l’on y voit diversesméthodes ingénieuses pour mesurer presque sans calcul des dis-tances et hauteurs inaccessibles, au moyen, d’un instrumentobscurément décrit, qu’il appelle Tloroscopus. Ce paroît être unastrolabe garni d’un carré géométrique, sur lequel tant d’au-teurs élémentaires ont autrefois écrit. On a aussi de Gerbertun traité sur la construction de la sphère , que le P. Mabillonnous a conservé dans ses Analecta , t. 11 , et un autre intituléliithmomachia , resté manuscrit dans les bibliothèques ; maisqui a, dit-on , servi de base à la Rithmomachie de GustaveSélénus , qui n’est autre qu’un duc de Brunsvick-Lunebourg.
Je ferai ici, à l’occasion de ce petit ouvrage de Gerbert,que le P. Mabillon nous a conservé , une observation , qui peut-être paroîtra intéressante. C’est qu’il nous donne l’explication d’unpassage de la chronique de Dithmarsus , dont quelques auteursont voulu inférer que Gerbert avoit connu le télescope. Cepassage dit : in Magdeburgo horologium secit , illud recteconstituens , consideratâ per Jlstulam. quamdam stelld nauta-rum duce. On a cru voir dans ce tube, une lunette , par laquelleGerbert considérois l’étoile polaire, et même un auteur, qui aassez récemment et fort savamment écrit sur la découverte dela Boussole, a cru y en voir une, quoique cela n’y ressembleen aucune manière ( 1 ). L’ouvrage en question explique toutceci.
Gerbert voulant enseigner à construire une sphère ou globecéleste, ordonne de prendre un globe ; et après en avoir marqué
(i) Considerazioni istoricìie di Abondio Collina sopra Torígine délia B as-sola nauiica, etc. Faenza, ijì 8, in-8^.