Band 
Tome premier.
Seite
506
JPEG-Download
 

5o6

HISTOIRE

I V.

Le treizième siècle fut presque un temps de lumière, encomparaison de celui qu’on vient de voir s’écouler. On le regarderamême comme le crépuscule, du beau jour qui a commencé ànous éclairer depuis environ deux cents ans, si l’on fait atten-tion au nombre de savans qu'il produisit, et aux encouragemcnsque divers souverains donnèrent alors aux sciences. JordanusJN'émorarius , qui vécut vers l’an ia 3 o , fut un homme très-intelligent en géométrie et en arithmétique. Nousen jugeons ainsipar son traité du planisphère et ses dix livres d’arithmétique.(1) Jean de Halifax, plus connu sous le nom de Sacro-Bosco ,qui signifie la même chose dans le latin barbare alors en usage ,fut contemporain de Jordanus Nemorarius. Son traité de lasphère a eu l’avantage d être pendant long temps un livreclassique, et l’honneur d’être commenté et réimprimé unemultitude de fois. Un de ses principaux commentateurs a étéle P. Clavius. Ce savant Jésuite pouvoit cependant se dispenserd’être si prolixe sur un livre tel que celui là, qui ne contenoitrien que d’assez commun, même pour le seizième siècle. Maisalors régnoit la manie des commentaires. Jean de Sacro-Boscolaissa encore des traités sur l’astrolabe ou le planisphère, surle calendrier et sur l'arithmétique Arabe ; invention alors peurépandue en Europe, et presque renfermée entre les mathé-maticiens. Le dernier de ces traités étoit en vers techniques,pour être mieux retenu. Ce mathématicien enseigna à Paris, ety mourut en 1256 . On voyoit son tombeau dans le cloître desPP. de la Mercy, plus vulgairement les Mathurins.

C’est encore dans ce siècle que vivoit Campanus de Novarre,le célèbre traducteur et commentateur des Llémensd’Euclide, surl’âge duquel on a foi t varié, les uns le plaçant dans le dixième,ct les autres dans le treizième siçcle. Mais M. l’abbé Tiraboschi,dans sa savante histoire de la littérature Italienne , est parvenuà fixer le tempâ de ce savant estimable ; je dis estimable , puis-qu’au milieu d’un siècle peu éclairé , il a contribué à répandreles lumières qui ont enfin dissipé les nuages de l’ignorance. IIa fait voir que Campanus étoit du treizième siècle, et con-temporain du pape Urbain IV ; car il cite le manuscrit d’untraité de ’a sphère de cet auteur, conservé dans la bibliothèqueAmbroisu nne de Milan , et dont l’épitre dédicatojre est adressée'à ce souverain p rtife. Or Urbain IV monta sur le trône

(i) Aritl.metica dccem hbris dcmonsCrata , etc, etc. Parhis. 1496, ìh-íqI.it. ibid. ^14, iuf.