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Tome premier.
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5 io H I S T O I R E

se crut obligé de les mettre an jour , par un petit ouvrage

particulier.

Mais ce fut surtout le roi de Castille, Alphonse X, qui dé-ploya , eu faveur de f astronomie , un zèle qui a rendu son nomcélèbre dans les fastes de cette science. L’intérêt qu’il y mitparoît supposer qu’il y étoit très versé. Ce prince n’épargna rienpour remplir son objet ; car il lit venir à grands frais, de tousles pays de l’Europe, des astronomes chrétiens, Juifs et Arabes.II les logea magnifiquement près Tolède , et les fit conférer en-semble sur les moyens de remédier aux défauts de ['astronomieancienne , dont la théorie s’écartoit de plus en plus de l’obser-vation. On travailla dans cette vue pendant quatre ans , etenfin, en r2§2 , on publia ces fameuses tables nommées Alphon-se nés, du nom du prince qui avoit encouragé leur compositionpar sa libéralité. La somme qu'elles lui contèrent fut immense,s’il est vrai qu’elle monta à 4 °°iOOo ducats. On doit probablementla réduire à Jo.ooo, encore seroit-ce une somme très-considé-rable pour ce temps, où la dot d’une fille de France étoitde douze mille francs.

On ne s’accorde pas sur ceux qui furent à la tête de cotouvrage. Les uns y mettent le juif R. Isaac Aben-Said; d'autresdisent, d’après des manuscrits du roi Alphonse (i), que cefurent Alcabitius et Aben-Ragel , ses maîtres en astronomie,qui y présidèrent. Quelques circonstances que je remarqueraibientôt, rendent probable que l’astronome Juif eut une grandepart à la direction de ce travail. Parmi les astronomes qui yfurent employés, on nomme encore Aben-Musa, Mohammed,Joseph Ben-Ali, et Jacob Abuena , Arabes; Samuel et JehudaEl-Coneso, Juifs : on ignore les noms des astronomes chré-tiens , s’il y en eut parmi eux.

Inexécution de cette entreprise astronomique mérite à cer-tains égards des louanges, et du blâme à certains autres. Ona pensé avec raison que les astronomes qu’Alphonse employa,répondirent mal aux dépenses considérables qu’il fit, et qu’il,jdonnèrent une idée peu avantageuse de leur savoir et de leurjugement, en admettant la bizarre hypothèse sur le mouve-ment des fixes qu’on voit dans ces tables. Car ils attribuèrentaux fixes un mouvement inégal en longitude ; et pour repré-senter ce mouvement, et l’assujettir au calcul, ils imagi-nèrent un cercle de 18 ° de rayon , dont le centre parcou-roit l’écliptique en 49 °°° ans » pendant que les points équi-noxiaux de la sphère des fixes parcouroient la circonférence

(>) Nicol. Ant. lìibl. Hisp. vêtus ì t. 2.