DES MATHÉMATIQUES. Paet. III. Liv. I. 5ude ce petit cercle en 7000 ans. Il est aisé d’appercevoir queces mouvemens combinés dévoient produire une progressiondes fixes, tantôt accélérée, tantôt moyenne, tantôt retardée.L’obliquité de l’écliptique devoit aussi diminuer jusqu’à un cer-tain point, ensuite augmenter. C’est-là en quoi consiste lemouvement de la huitième sphere, suivant les Alphonsins. Maiscette hypothèse, soutenue après eux par quelques astronomespeu judicieux, a toujours été rejetée par les plus habiles etles plus raisonnables. Les tables d’Alphonse paroissoient àpeine, qu’un astronome Arabe, nommé Alboacen , s’élevacontre elles , et établit si solidement le sentiment d’Albacé-nius, qui ne donne aux fixes qu’un mouvement égal, que lesAlphonsins surent obligés de se 'rétracter, et publièrent en1256 de nouvelles tables plus judicieuses et plus correctes (1).Les tables Alphonsines eurent aussi un critique dans un astro-nome Flamand, Henri Baten de Malines, qui publia vers 1290un écrit sur les erreurs de ces tables. Mais cet ouvrage a restémanuscrit.
Au reste, le choix des nombres 7000 et 49000 qu’on a vusci-dessus , nombres révérés des Juifs cabalistes à cause desaimées jubilées ordinaires qui se renouvellent tous les septans, et des grandes qui reviennent tous les 49; ce choixdis-je, désigne que les astronomes Juifs eurent une yrandepart à la direction de ces fameuses tables. Alphonse, choquédes hypothèses embarrassées qu’il falloit admettre pour con-cilier tous les mouvemens célestes , ne put retenir une plai-santerie peu respectueuse. II dit que si Dieu l’eút apjjclé àson cqnseil , lorsqu*il créa l*Univers , les choses eussent étédans un ordre meilleur et plus simple. Si nous ne trouvonspas dans ce mot une preuve de la religion de ce prince ilnous apprend du moins qu’il ne voyoit qu’à regret cet embarras monstrueux, et qu’il le regardoit comme une tache àTouvrage de l’Umvers.
L Go autres défauts de 1 astronomie Alphonsìne sont plus àimputer au temps, qu au manque de lumière ou d industriedes astronomes qui y travaillèrent. Nous remarquerons à leuravantage qu’ils fixèrent le lieu de l'apogée du Soleil plus exac-tement qu’on n’avoit encore fait, en le plaçant à l’époque deleurs tables, c’est-à-dire en 1262, au 28 e . degré 40' des Gé-meaux ; en quoi ils ne se trompèrent que d’un degré etdemi. Mais quand on réfléchira sur l’état d’imperíèction oùétoit encore l’astronomie pratique, on ne pourra regarder cesuccès dans une détermination aussi délitate, que conune un
(1) Alb. Pigh. De motu oc(, sph . c. 46,