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Tome premier.
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5 l/f HISTOIRE.

avec un autre traité intitule Spécula Mathematica. Mais cen’étoient que des morceaux détachés de son Opus Ma/us , quiest un précis de ses inventions et de ses vues, qu’il avoifcadressé à Clément IV. Cet ouvrage a été publié, en ij 3 'à , àLondres par M. Jebb. La partie qui concerne l’optique et i’his-toire naturelle, y est intéressante. Qn y trouve de grandes,vues, et des réflexions judicieuses sur divers points d'optique rcomme sur la réfraction astronomique, sur la grandeur appa-rente des objets, et l’apparence extraordinaire du Soleil et dela Lune à ì’horiz.on ( 1 ). On y voit qne Bacon avoit beaucoupprofité d’Alhazen et de Ptolémée. L’oplique de ce dernier sub-sistoit certainement alors ; car il la cite souvent, ainsi qu’unlivre de Jacob Alkindi , intitulé de Aspectibus ; et Alhazen,qu’il appelle Aìharen , par une faute des manuscrits Arabes jcar le z et IV ne diffèrent en Arabe que par un point sur lepremier. Au reste Bacon lit des tentatives inutiles pour résoudrediverses questions optiques qui a voient échappé aux anciens.Ce qu’il dit sur le lieu des foyers des miroirs sphériques , surle phénomène de la rondeur de l’image formée par les rayonsdu Soleil passant par une ouverture quelconque , sur la ma-nière dont se fait la vision, etc. ne présente que des explica-tions manquées, comme celles des opticiens ci-dessus. II estvrai que souvent il touche de fort près aux véritables, et qu’enlisant son écrit, on est surpris de l’obstacle qui l’empêchad’y arriver.

C’est ici le lieu de discuter s’il y a de la réalité dans quel-ques inventions optiques qu’on attribue à Roger Bacon. Plu-sieurs personnes, entr’autres parmi ses compatriotes , ont crutrouver dans ses écrits la connoissance du télescope ou deslunettes à longue vue : on a même voulu que ce soit le mer-veilleux de cet instrument qui l’ait fait passer pour magicien.11 nous faut examiner cette prétention. Voici d’abord íe pas-sage qui lui sert de fondement : de visione fracta majorasunt ( a ) ; nam de facili patet per canones supradictos quodmaxima possunt apparere minima, et è contrà , et longédistantia videbuntur propinquissima, et è conversé. Nampossumus sic figurarepersjncua , et taliterea ordinare respectan os tri visûs et rerum, quòd frangentur radiì , et flectenturquorshmeumque voluerimus , et sub quoeumque angulo volueri-mus , et videbimus rem longé vel propè ; et sic ex incredi-bili dìstantiâ legeremus Hueras minutissimas, et pulveres

(i) Voyez aussi Spécula math, et (a) Opus Ma; n s, p. 357. Ftrspetl ;perspect. passim. «dit. 1614 , p. 158, 15$.