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Tome premier.
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5,6 HISTOIRE

l’étolt, pour lui faire annoncer toutes ces merveilles comme

possibles.

2 ". Les paroles mêmes de Bacon peuvent servir à prouverqu’il n’a jamais eu de télescope entre les mains : car plu-sieurs des effets cju’il décrit dans le passage cité, sont impos-sibles, ou ne sont point tels qu'il le dit. II n’est point vraiqu’un télescope fasse appercevoir les plus petites lettres d'unsdistance incroyable ; qu’un homme paroisse grand commeune montagne ; qu'n ne petite armée paroisse innombrable parson moyen. On ne sait encore ce qu’il veut dire , lorsqu'ilajoute qu’on pourra faire descendre le Soleil ct la Lune stírla tête de ses ennemis. Cela n’a aucun rapport an téles-cope , et ne peut être que l’ouvtage d’une imagination quise joue.

3°. Ce que Bacon dit qu’on pourra faire par le moyen d’unmilieu terminé sphériquement, il dit, dans un chapitre précé-dent, qu’on pourra aussi l’exécuter avec un miroir concave,et que par ce moyen ou pourra voir les objets d’aussi loinqu’on voudra. Je in’étonne qu’on ne se soit pas avisé de mêmede trouver ici l’invention cl u télescope à réflexion. Mais sicette idée étoit venue à quelqu'un, les autres circonstancesd u passage de Bacon la dissiperoient bientôt : car la manièredont il propose de se servir de ces miroirs , est entièrementchimérique. Il veut qu’on les élève sur des hauteurs du côtédes villes ou des armées ennemies, pour découvrir ce qui s’ypasse. C’est à-peu-près ainsi qu’il dit ailleurs que Jules Césardécouvrit par des miroirs élevés sur la côte de France, ce quise passoit en Angleterre ; fait hasardé et impossible, de mêmeque celui que raconte le crédule Porta, lorsqu il dit que Pto-Iémée distingunit avec des miroirs , les vaisseaux qui étoientà six cents milles de distance. S’il y a dans les anciens quel-que passage qui ait pu donner lieu à ces sables, on doit l'en-tendre , non des miroirs, mais de quelque tour élevée, qui sedisant en latin spécula, a pu , dans certains cas obliques dupluriel, occasionner cette équivoque.

Ces raisons sont sans réplique, et elles prouvent que c’estlégèrement qu’on a fait Bacon l’inventenr clu télescope. Toutce qu’on peut lui accorder , c’est ce qu’il a prévu , que desmilieux ligures d’une certaine manière , et disposés convena-blement entre l’œil et l'objet, pourroient augmenter l’anglevisuel , et conséquemment f apparence de cet objet. Mais dansaucun de ses écrits on ne trouvera les solides principes del’augmentation de grandeur que produisent les télescopes. Onscroit un peu plus fondé à lui faire honneur de l’inventiondes verres lenticulaires simples , cependant M. Smith la lui