DES MATHÉMATIQUES. Faut. III. Liy. I. 5-7refuse encore sur des raisons qui me paroissoient sondes: voicile passage qu’on a cru contenir cette découverte, ct qui sou-tiendra aussi peu que le précédent, l’épreuve de la discussion.Si verò homo respiciat litteras et alias res per médium crys-talli vol vitri suppositi litteris , et sitportio minor splu-rae ,ctijus convexitas sit vershs ocu/uru, et oculus sit m acre ,longé melihs videbìt Utteras , ct apparebunt ci majores , etc.
Je remarque d’abord , avec M. Smith, que dans les figuresqui regardent ce passage, on voit toujours l’objet appliqué àla base plane du segment sphérique, d’où il paroît assez clai-rement que c’est ainsi que Bacon prête»doit que le verre fûtdisposé à l’égard de l’objet à regarder. C est ce que désigneencore cette expression suppositi , qui est équivalente à super-impositi.
En second lieu, ce que Bacon dit ici, n'est à - peu-prèsque ce qu’Alhazen avoit dit dans le septième livre de sonoptique. Mais Bacon s’est trompé, en ce q u'il attribue l’avan-tage pour grossir, au petit segment sphérique ; au lieu quel'opticien Arabe a très-bien reconnu, que plus le segmentde sphère auroit d’épaisseur et approcherait de la sphère en-tière , plus il grossirait. Cette erreur de Bacon nous fournitune preuve qu’il n’a jamais réduit sa théorie en pratique :car il auroit apperçu.aussitôt un effet tout contraire : il auraitvu que, malgré ses conjectures, le grand segment grossissoitdavantage que le moindre. Bacon nous fournit encore unepreuve sans réplique , qu’il n’a jamais fait l’expériencc de sathéorie, et qu’il n’a jamais eu de verre lenticulaire. C’est endisant, peu de lignes après le passage cil c , qu'un morceauplan de crystal produira le même effet. Mais si Bacon s’esttrompé sur un fait aussi facile à vérifier, car il ne s’agissoitque d’avoir un morceau de glace plane , est-il probable qu’ilait éprouvé ce qu’il avançoit sur les verres sphériques ?
Après avoir montré, par un examen approfondi des parolesde Bacon, qu’il ne connut ni le télescope, ni les verres len-ticulaires , quoiqu’il ait décrit, par un pressentiment qui nelaisse pas de lui faire honneur, quelques-uns de leurs effets,il est inutile de m’arrêter à ce que quelques auteurs ont avancé ,savoir , qu’il observa les astres par le moyen du télescope.Le seul fondement de cette opinion, est ce qu’ii dit dans lepremier passage cité , que l’on pourra faire descendre en appa-rence le Soleil et la Lune ; et dans nn autre , que la cons-truction des instrumens d’astronornie exige des connoissancescl’optique. Mais ce sont-là des preuves bien foi blés ; et quandon voudra s’en tenir à de pareilles inductions, il sera faciled attribuer à d’anciens auteurs, bien d’autres découvertes qui