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Tome premier.
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Bit HISTOIRE

sont certainement Formage des modernes. Je remarqueraiencore ici que Bacon , doué d une imagination vive, s’y Jivroitsouvent d’après de simples lueurs de possibilité. Dans un deses ouvrages (1), par exemple, on lit: possunt etìam fierìinstrumenta volandi , ut homo sedens in medio instrumentirevolvens aliquod ingeniurn per quod alae artificiales aeremyerherent ad modum avis volantis , etc., et plusieurs antreschoses aussi impossibles dans la pratique. Dira-t-on que Bacon,ait fabriqué une machine pour voler, et qn’il ait mis à exé-cution ce qu’une imagination ardente lui suggéroit?

Une connoissance qu on peut attribuer à Bacon avec plusde fondement, est celle de la poudre à canon. II décrit biennettement sa composition , et le bruit qu’elle produit lorsqu’elles’enílainme (2.). Mais M. Plot ( 3 ) donne à cette découverteune plus grande antiquité, et il soupçonne que ce que Bacondit à ce sujet , il l’a tiré d’un auteur Grec antérieur nomméMarc , dont le docteur Mead possédoit Pouvrage intitulé deCompositìone igniurn. O11 ne sauroit en effet trouver aucunepart la poudre à canon plus clairement décrite qu elle Testchez ce Grec. La dose de chacun des ingrédiens y est énoncéeavec la mêine précision que dans nos formules d’ordonnancesde médecine. On s’en servoit alors pour faire des fusées vo-lantes et des pétards , qu’on y volt aussi clairement décrits.Mais comme ce sujet est étranger à notre plan, il nous suffirad’avoir indiqué ce trait curieux.

Outre l’Opus Majus qui est imprimé, la bibliothèque d’Oxfordpossède divers autres écrits de Bacon, comme un Opus Minus ,un Opus Tertium , un Traité du Calendrier , qui se trouveaussi dans d’autres bibliothèques, et qui contient des tablesastronomiques. Ce dernier traité nous donne lieu d’observer ,à la louange de Bacon , qu’il remarqua Terreur qui s’étoit déjàglissée de son temps dans le calendrier Julien, soit à l’égarddu mouvement du Soleil, soit à Tégard de celui de la Lune.II proposa même des expédiens pour la corriger, mais quenous ne connoissons point. M. Jebb et M. Freind vont jus-qu'à dire qu’il ne s’est rien fait de meilleur jusqn’ici sur cesujet, et ils semblent insinuer que les moyens mêmes , donton s’est servi lors de la réformation Grégorienne, sont del’invention de Bacon. II eût été à souhaiter qu’ils nous eussentmis à portée d’en juger. Au reste, il peut se faire facilement

(1) De secretis naturae et artis , et (3) Nouv. suppl, deBayle, t. I, aulïullittìte Magiue. Paris. 1L42 , in-8 w . mot Bacon,ibid. >6,2, in 8 Q .

(r) Opus Majus , p. 474.