DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Liv. I. 5i*q «c Bacon se soit rencontré avec les réformateurs cle notrecalendrier, en. ce qui concerne le mouvement dn Soleil (cen c toit pas-là la partie diíficile de leur ouvrage); mais nousne croirons point, sans d'autres preuves, qu’il les ait aussiprévenus dans l'invention du moyen qu ils ont employé pourconcilier Pan née lunaire et la solaire. II y a apparence queces deux écrivains , trop transportés du plaisir de pouvoir reven-diquer à un de leurs compatriotes l’ébauche d’une inventionattribuée jusqu’ici à des étrangers, ont été plus loin qu’il nefalloit. Ori a attribué à Roger Bacon d'avoir fabriqué unetête d’airain, qui répondoit aux questions qu’on lui faisoit ,ce qui n’a pas peu contribué à le faire passer pour un magi-cien auprès du vulgaire. Mais les gens sensés ne verront encela qu'un tour de subtilité, ou quelque automate ingénieuxqui surprit les contemporains de Bacon, et qui a donné lieuà cette fable. Dans le langage de ces temps ignorans, et siamateurs du merveilleux, avoir été magicien, ou avoir faitdes figures volantes et parlantes, c’est avoir eu quelque secretnaturel , ou avoir fait quelque machine fort étonnante pourlors , quoique peut-être elle ne nous surprît pas beaucoup au-jourd'hui.
VIL
Quoique le treizième siècle n'ait pas été un siècle de génie,il est cependant remarquable par une découverte utile, et quia été le premier degré pour s’élever à une autre tout-à-faitmémorable. C’est celle des verres à lunettes, ou des verreslenticulaires propres à aider les vues afíoiblies. Les premièrestraces en remontent, d’une façon bien avérée, à la íin du siècledont nous parlons : mais la manière dont elle fut faite nousest absolument inconnue, et l’on n’a guère plus de lumièressur le nom de son inventeur. Je serois néanmoins porté àpenser que ce furent les ouvrages de Bacon et de Vitellion ,qui lui donnèrent naissance. Quelqu’un chercha à mettre enpratique ce que ces deux auteurs avoient dit sur l’avantagequ’on pouvoit tirer des segmens snhériques pour agrandir sanglevisuel, en les appliquant iminéâiatement sur les objets. A lavérité , ils s’étoiertt trompés à cet égard; mais il suffisoit d’ententer l’expérience pour faire la découverte qu’ils n'avoientpas soupçonnée : car il est impossible de tenir un verre len-ticulaire à la main , et de l’appliquer sur une écriture, sansappercevoir aussi-tot qu’il grossit les objets bien davantage ,quand il en est à un certain éloignement, que quand il luiest contigu.
Personne n’a plus savamment discuté l’antiquité des verres