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HISTOIRE
V.
Régiomontanus íit plusieurs élèves qui perpétuèrent l’étud©de l’astrcnomie durant le reste de ce siècle. Mais je me borneraià parler du plus célèbre , savoir Bernard Walther. C’étoit unriche citoyen de Nuremberg , qui étoit depuis long-tempsamateur des mathématiques, lorsque Régiomontanus vint lixcrsa demeure dans cette ville. La proximité de cet homme célèbreenflamma "Walthcr d’une nouvelle ardeur , et il commença às’adonner fort sérieusement à l’astronomie. Comme il étoitopulent, il íit des dépenses considérables pour exécuter tousles nouveaux instrumens que Régiomontanus imagina. II assistaà la plupart des observations que ce dernier lit à Nuremberg,et après son départ pour Rome, il continua d’y observer avecexactitude pendant près de quarante ans, savoir depuis j 47 ^jusqu a 1.604, qui fut Tannée de sa mort. On a cette suite d'ob-servations , qui présente aux astronomes des phénomènes detoute espèce, des hauteurs méridiennes du soleil, des éclipses,des occultations de fixes ou de planètes par la lune , des con-jonctions de planètes , des mesures de leurs distancesavec des fixes (t). Ces observations sont très-estimées, du moinsrespectivement à leur temps, où l’astronomie pratique étoit bienloin du point de perfection qu’elle a atteint depuis. Elles sontordinairement caractérisées, par quelque note qui apprend quellefoi on peut y ajouter , et jusqu’à quel point Walther y comptoitlui même. Cet astronome étoit enfin un soigneux observateur,qui n’épargna rien pour avoir des instrumens grands et parfaits.II se servoit, pour mesurer le temps, dune horloge à roues ,qu’il dit être fort correcte , et marquer exactement le midi ,s’aocordant presque toujours entièrement avec le calcul.
Walther est encore mémorable en astronomie, pour avoir étéle premier des modernes, qni se soit apperçn de la réfraction.II semble, à la vérité, que Régiomontanus l’avoit soupçonnéecar il avertit que les hauteurs paroissent différentes suivant lessaisons; et il préfère par cette raison les équinoxes d’automneà. ceux du printemps. Mais il est vraisemblable qu’il n’attribuoitcet effet qu’aux vapeurs accidentelles qui remplissent f air plusdans un temps que dans un autre; et il ne paroît pas avoirsongé à cette réfraction constante, qui se fait même dans i’atmos-phère la plus pure. Walther s’en apperçut en observant Vénusavec ses armilles. Car le lieu qu’il trou volt par l’écliptique de
(r) Norib, 1544, ed. Schonero. Hist. Cclest. L. Ihrreti, tub tìtulo obi*Korih. p. 46, a d, 64. Obs. Hassiacaa,