DES MATHÉMATIQUES, Paf t. M. Liv. II. 54 7]'Instrument, étant fort différent de celui que dorinoit le cerclede latitude, il fut conduit à penser que c’etoit l’elfet d’une ré-fraction , qui faisoit paroître sur l’horison l’astre qui étoit encoreau-dessous, et qui afíectoit une des déterminations plus que l’autre.Cette idée lui vint , à ce qu’il dit, avant môme que d’avoir vuAlhazen et Vitellion, qui parlent fort distinctement de la ré-fraction astronomique, et qui eu examinent assez au long leseffets. Walther imagina à cette occasion un moyen que ICéplerU) appelle ingénieux , pour corriger cette erreur optique. Maisil faut remarquer que Walther ne paroi t pas avoir cru que laréfraction s’étendît au-delà du voisinage de l’horison , ce quimontre qu’il n’en avoit pas saisi le vrai principe.
Quelque obligation qu’ait l’astronomie à Walther, elle lui enauroit eu davantage sans la singularité et la bizarrerie de soncaractère. Aussitôt après la mort de Régiomontanus, il avoitacheté de ses héritiers tous ses papiers et instrumens. Le biende l’astronomie exigeoit qu’il fît part aux savans des écrits decet homme célèbre, et.il le pouvoit faire d’autant plus faci-lement, qu’il étoit fort riche , et qu’il avoit chez lui une im-primerie. Mais semblable à l'avare, qui ne veut partager sestrésors avec qui que ce soit, et qui a même peine à s’en servirlui-mêrne , il garda toujours ces manuscrits soigneusement ren-fermés , sans les communiquer à personne ( 2 ). Ce fut la causede la perte de plusieurs d’entr’eux. Car Walllier étant mort,ses héritiers, qui n'a voient pas le mêrne goût, négligèrent cetrésor. Heureusement ]e sénat de Nuremberg en arrêta la dis-persion, en achetant tous les manuscrits de l'unît de l’autre.II surent consignés dans la bibliothèque de cette ville, d oùles Schœner , père et íils, tirèrent dans la suite divers mor-ceaux qu’ils publièrent.
V I.
On vient de faire connaître les mathématiciens les plus célèbresque produisit le quinzième siècle. Il seroit cependant injuste depasser sous silence divers autres hommes qui vécurent sur lafin de ce siècle et le commencement du suivant , et qui, s’ilsne servirent pas les mathématiques avec autant de succès ,leur furent cependant utiles, en répandant de plus en plus legoût de ces sciences. On va les faire connoître avec Tctendueou la brièveté que comporte la plus ou moins grande importancede leurs travaux.
(1) Paralipom. ad Vitell. opticam , p. 15P(a) Wernerus: ad Amiruccii Geog. presatio.
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