55a HISTOIRE
quelques autres corps plus composés, et régulièrement irré-
guiiers. '
Un dernier ouvrage de Lucas de Burgo paroît avoir échappéà tous ceux qui en ont parle , et même qui m ont reprochéde n'avoir pas vu lc précédent. Son titre est : Lìbellus in trespartiales tractatus divìsus quorumc u m que corporum regu-larlum et dependentium active pcrscrutationis ; B. P. Soderìuoprincipi perpétua populi Florentìni à Luc a T'accioló BurgenseMinoritan.o parti.cuîariter dicatus féliciter incipit ; et à la fin,par une inscription semblable à celle du livre précédent, onvolt qu’il a été imprimé à Venise en i5o8, sous le doge Lore-dano, etc. Ces trois traités roulent sur les polygones, et lescorps réguliers, sur l’inscription mutuelle de ces corps lesuns dans les autres, et une foule d’autres problèmes analogues,qui y sont pour la plupart résolus algébriquement.
On se tromperait néanmoins si l’on croyoit y trouver, commedans les livres modernes d’algèbre appliquée à la géométrie,des constructions géométriques, déduites des formules algé-briques. Ce n’étoit pas là le procédé de ces premiers algé-bristes. Leurs solutions sont en quelque sorte purement arithmé-tiques ; je veux dire, qu’ils supposoient aux lignes données desligures, des valeurs numériques, et ils se bornoient à trouverles lignes cherchées en pareilles valeurs. Ce n'est qu’assez long-temps après que les géomètres ont imaginé de généraliser leurssolutions par des constructions déduites du calcul.
Nous nous sommes étendus bien au long, et peut-êtretrop au gré de nos lecteurs, sur ce géomètre et algébriste duquinzième siècle. Peut-être aussi improuveront-ils les détailsbibliographiques où nous sommes entrés à cet égard. Mais si lecélèbre bibliographe M. l’abbé Rives, qui nous a vivementcritiqués M. de la Lande et moi , à cause de notrenégligence à citer exactement les titres des livres , vivoit en-core, il verrait sans doute avec plaisir que je me suis corrigé,et même donné un vernis de bibliographe. Je n’avois au restepas attendu sa critique pour improuver moi-même cette négli-gence. Quant aux détails sur Lucas de Burgo, on nous lespardonnera, si l’on fait attention qu’il est le premier qui, pardes ouvrages imprimés, porta la lumière des sciences mathé-matiques dans ces contrées : l’acharnement avec lequel Tar-taléa, quelques cinquante ans après, critiquoit dans ces ouvragesdes fautes, pour la plùpart de pure précipitation, est tout-à-faitinjuste. Nous ignorons l’année de la naissance , et celle de lamort de ce bon religieux, dans les écrits duquel on voit éclaterune modestie rare et digne de Tétât qu’il avoit embrassé.
II est encore un homme de ce siècle, qui mérite qu’on en
fasse'