DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Lit. III. 561traits , en donnant la préférence à ceux qui regardent plus par-ticulièrement leurs progrès.'
I I.
Le premier pas vers le renouvellement des sciences, étoit,comme on l’a dit, de se procurer la connoissance des travauxdes anciens. On avoir déjà fait, dès la lin du siècle précé-dent, quelques efforts à cet égard. Mais on y travailla avecplus dc succès et d’intelligence, dès le commencement duseizième, en commençant à puiser dans les sources Grecques.Zamberti, Vénitien, donna en effet en i5o5, d’après le Grec,une édition des divers écrits d’Euclide (i). Je n’ai jamais pume procurer la vue de cette édition, qui vit au surplus denouveau le jour en i63^ à Hâle, par les soins de J. Hervage ,célèbre imprimeur de cette ville , à qui les mathématiques ontde nombreuses obligations. Mais Zamberti étoit plus versé engrec qu’en géométrie, de sorte que sa traduction est vicieuseen bien des endroits.
L'année 1018 vit paroître pour la première fois les Sphé-riques de Théodose , mais de la mauvaise et antique traduc-tion de Platon de Tivoli ; on n’eut rien de mieux, pendantplusieurs années, c’est-à-dire, jusqu’à ce que Vogelin , Pena ,Dasypodins, eurent donné leurs nouvelles traductions.
Pendant ce temps néanmoins Jean-Baptiste Memmius, ouMemmo, noble Vénitien, s’occupoit d’un travail plus diíïicile.C’étoit la traduction des Coniques d’Apollonius, ou du moinsdes quatre premiers livres , les seuls connus alors et existansen grec. 11 mourut sur ce travail, et cette traduction fut miseau jour en i5'ój, par les soins de son íils , qui se conformasi rigoureusement aux manuscrits de son père, qu’on volt àla marge des calculs algébriques qui n’y ont aucun trait. Cettetraduction d’Apollonius annonce au reste, comme celle d’Eu-clide par Zamberti, plus de connoissance du grec, que desavoir en géométrie. Mais on doit à la fois indulgenceet reconnoissance à ces hommes qui, les premiers, tra-vaillèrent à nous mettre en possession des trésors de l’an-tiquité.
Ces premiers travaux eurent l’avantage de procurer bientôtaprès des éditeurs et traducteurs plus savans. On doit donnerà cet égard le premier rartg à l’édéric Commandin. Ce savantmérite àe grands éloges par son intelligence, soit dans la languegrecque, soit dans les mathématiques, ainsi que par le grand
(i) Euclidis ope/a , Eartolom, Zaml/èsío Venato interprète , Venet. ijopin-f.
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