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pour avoir les six premiers livres ainsi traités. C’étoìt une peinebien superflue ; car par là une démonstration de 20 à 20 lignesse trouve quelquefois filés, de syllogisme en syllogisme, à occu-per plusieurs pages, ce qui ne fait que la rendre plus obscure.Un essai sur quelques propositions eût suffi ; en faire davan-tage , étoit abuser de la patience du lecteur tant soit peu intel-ligent. Au reste, Dasypodius se rendit plus utile, tant parla pu-blication cn grec et en latin de plusieurs livres d’JËuclide succes-sivement , que par la traduction des Sphériques de Théodose ,ainsi que de l’Optiquc et de la Catoptrique d’Euclide.
Le savant Xylander forma une entreprise et plus utile etplus difficile , en s’occupant d une traduction des sept livresqui nous restent de Diophante. Elle parut en idyd; on lui doitsavoir gré de ce travail, quoique vicieux en plusieurs endroits,tant par le mauvais état du manuscrit, que par la difficultéde la matière, et la hâte avec laquelle son indigence i’obligeoitde travailler. On lui dut aussi la première traduction Allemande *des six premiers livres d’Euclide qui parut, en i 56 2. Les mêmeslivres furent traduits en Danois par Jean Moor, ou pour mieuxdire, cet auteur en fit un extrait accompagné d’usages divers,sous le titre d ’Euclidcs Danicus , qui fut ensuite mis en Hol-landois par Peters Dow.
Mais il est temps de finir cette ennuyeuse énumération ;je ne parlerai plus pour cette raison que du célèbre jésuiteClavius. On lui doit une nouvelle édition et traduction d’Eu-clide , accompagnée d’un commentaire. Elle parut pour la pre-mière fois en i 5 yt , avecle 1 6 e . livredeFoix-Candalle. lien donnaen 1589 une nouvelle édition augmentée, qui fut suivie denombre d’autres en i 5 c)i , ìóo'ò, 1607, sans compter celleqûi est dans le recueil de ses œuvres publié, en 1612. C’est unepreuve de l’accueil qu’elle reçut des géomètres, et en effetc'est une des meilleures, quoique le commentaire soit quelque-fois un peu prolixe. O11 doit encore au P. Clavius une bonnetraduction des Sphériques de Théodose. Tels furent les prin-cipaux éditeurs, traducteurs ou commentateurs d’ouvrages géo-métriques anciens, pendant le seizième siècle. Ils furent, commel’on voit, pour la pìûpart bornés à l’élémentaire. Mais si l’onconsidère depuis combien peu de temps la géométrie avoitpénétré parmi nous, il s’agissoit. seulement encore de dégrossirles esprits, et de leur faire goûter mie science presque incon-nue jusqu’alors. L'esprit humain, semblable à un estomachfoible, que fatiguerait une nourriture trop solide , avoit besoind’être amené par degrés à des considérations d’un ordre plusrelevé.