DES MATHÉMATIQUES. Fart. III. Liv. III. 5y5cile de démêler comment le nom propre de ce géomètre, quiétoit Borel ou Bourel, a été traduit en latin par celui deB.'tîeo ; mais revenons à Oronce. II fut aussi réíuté solidementpar Nugnez, géomètre Portugais très-habile, et plus connu sousle nom de Nonius , dans un livre intitulé de Erratìs Orontù ( 1 ).Mais Oronce ne laissa pas de mourir dans la persuasion que son.nom voleroit de bouche en bouche et d’ôge en âge, commecelui de Pheureux Œdipe de cette énigme scientifique. C’estainsi que Ronsard ferma les yeux , bien persuadé que le sienseroit accouplé dans les siècles futurs avec celui d’Homère.
Jacques Pelletier , du Mans , vívoit vers la même' époque ,et il écrivit sur l’arithmétique , l’algèbre, la géométrie, desouvrages qui furent utiles dans leur temps: mais ce qui lui adonné une sorte de célébrité, est sa querelle avec le P. 0!a-vius , sur l’angle de contingence ; on appelle ainsi l’angle quise forme, lorsqu’une ligne droite touche un cercle ou unecourbe quelconque. Clavius prétendait que oet angle est d’unenature hétérogène avec l’angie rectiiigne, et il se son doit surce que l'on démontre que le plus grand angle de contingenced'nn cercle avec une ligne droite , est moindre que le pluspetit angle rectiiigne. Pelletier vouloit que cet angle n’en.fût pas un véritable. Cette dispute fut poussée assez vivementpar divers écrits de part et d’autre. On peut voir les raisonsalléguées par les deux adversaires, dans le commentaire deClavius sur Euclicle, à la proposition 2 . 8 e . du 3°. livre. Avantde parler du fond de la contestation , je remarquerai que cetangle de contingence a été le sujet d’unc querelle fréquemmentrenouvellée. Car elle eut encore lieu dans le même siècle entrePelletier , d'un côté , et Monanthein,~j professeur royal, etButéon ou Borel, de l’autre. Les PI J . Léotaud ct Grégoire deSaint-Vincent ou ses disciples agitèrent encore avec chaleurce sujet vers le milieu du siècle dernier. Enfin à peine cettecontestation s’étoit-elle assoupie, qu’on la vit se rcnouveller vi-vement entre Léotaud et le célèbre Wallis, qui embrassa leparti de Grégoire de Saint-Vincent et de Pelletier. Nous pen-sons avec Wallis que ces derniers avoient raison. Car il estnécessaire, suivant les principes de la nouvelle géométrie," quela tangente se confonde avec le côté infiniment petit ouévanescent de la courbe. II n’y a donc point d’angle en cepoint, car deux lignes qui sont dans la même direction nefont point d’angle. Si cette considération d’infiniment petitslaissoit quelque nuage dans l’esprit, nous observerions, pourconsolider ce sentiment, que le point, décrivant la tangente et
(t) Conimb. 1546 et 1573» in-fol.