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Tome premier.
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586
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586 HISTOIRE

Je crois devoir terminer cet article en parlant de Clavius, rades hommes de ce siècle, qai jouit de la plus grande célébrité.Ce fut, on ne peut en disconvenir, un de ceux. qui montrèrent leplus d’universalité de connoissances mathématiques. Son com-mentaire sur Euclide , son traité de l’astrolabe, sa gnomonique,et surtout son traité du calendrier Grégorien , en sont. despreuves. Je ne sais cependant si Clavius méritoit l’idée extraor-dinaire que Sixte V en avoit, lorsqu’il disoit que quand lasociété de Jésus n’auroit produit qu’un homme tel que Clavius,elle seroit recommandable par cela seul. Cette société savantea produit des géomètres à mon gré plus recommandables queClavius, comme Guldin , Grégoire de S. Vincent, et diversautres. Quoi qu’il en soit, Clavius étoit de Bamberg , où il na-quit en i 538 . I! occupa successivement les chaires mathéma-tiques les plus distinguées de son ordre , et il mérita du papeGrégoire XIII d’être chargé de l’explication de son nouveaucalendrier ; ce dont il s’acquitta avec succès et 'distinction. IImourut à Rome en 1612. Ses œuvres recueillies en cinq volumesìn-fol. , viren t le j our en 1611.

I V.

Après avoir ainsi développé les progrès de la géométrie enEurope pendant le seizième siècle , nous devons passer à ceuxde l’analyse algébrique , devenue depuis ce temps un si puis-sant moyen de recherches entre les mains des géomètres. Nousallons dans cette vue tracer ici un tableau de l’accroissement queprit l’algèbre durant cette période de temps.

L’idée d’obscurité est tellement attachée au mot d’algèbredans l’esprit de ceux qui ignorent les mathématiques, que no-tre premier soin doit être de dissiper cette obscurité et demontrer clairement la nature de cet art , dont les mathéma-ticiens se servent avec tant de succès. Nous dirons donc d’a-bord que l’algèbre n’est autre chose que l’expression abrégéed un raisonnement, que tout esprit lin et conséquent ícroît entermes plus longs et plus embarrassans. Un exemple simplemettra ceci à la portée de tout le monde. Transportons-nousdans ces premiers ternps des mathématiques, où cet art étoitencore inconnu , et qu’on eut proposé à un mathématicien intel-ligent cette question -.Troìcver un nombre tel qu’en lui ajou-tant 70, la somme fasse autant que le double du même nom-bre , diminué de 14. Que se passeroit-il dans l’esprit de cetarithméticien , lorsqu’à l’aide du raisonnement il chercheroitce nombre? Sans doute il commenceroit par dire: puisque lenombre inconnu, avec 10 , fait autant que le double du mêmenombre, diminué de 14; donc , ôtant de part ct d’autre ce