DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Luv. III. 5B 9progrès des Arabes dans cette science, pour arriver au tempsoù elle fut transplantée dans nos contrées.
II n’en fut pas de l’algèbre comme de l’arithmétique des Ara- /bes : cette dernière pénétra assez tôt parmi nous, ainsi cju onl’a vu j mais la connoissance de l’algèbre fut une nouveautéd u commencement du quinzième siècle. On s’accorde généra-lement à croire que ce fut Léonard de Pise qui la transplantad’Arabie dans ces climats ( 1 ). II écrivit même sur ce sujet untraité qui n’a jamais vu le jour; ses soins ne furent pas sanssuccès, car l’algèbre fut assez communément connue dans lequinzième siècle, comme nous lavons prouvé ailleurs ( 2 ).
Lucas de Burgo est le premier dont les préceptes sur l’algèbreaient subi l’irnpression. C’est dans sa Suirwuz de Arithnieticaet Geometrìa , imprimée la première fois en 1 494 » et de nou-veau en 1023 , qu’il les explique. Ils composent la plus grandepartie de ce qu’il appelle V A rte Maggiore , et c’est de là qu’estvenue la dénomination à.’Arte Magna, Ars Magna, etc. queCardan et d’autres ont donnée à l’algèbre. Le langage de cettescience étoit alors bien différent de celui d’àprésent. La choseinconnue et qu’on cherche , on l’appelloit la Cosa ; ce q n!donna même pendant un temps à l’algèbre le nom à.’A rte déliaCosa : le quarré de la quantité cherchée se nommoit censo ,tenue Italien qui signifie produit : la troisième puissance por-toit le nom de cuba, comme parmi nous. Les autres étoientformées des premières , à l imitation des Arabes : ainsi la suitedes puissances étoit x !a cosa ; 2 il censo ou il zenzo ( lequarté ) y ò il cubo ; 4 il censo dì cenzo ; 5 il primo super-solido, ete. Cette dénomination varia dans la suite, et plu-sieurs Algébristes préférèrent celle de Diophante , on les puis-sances supérieures sont les produits des inférieures. Aujour-d’hui on ne leur donne guère des noms au de-là du cube , et l’on,se contente le plus souvent de les désigner par la première, ladeuxième, la troisième, la quatrième, etc.
L’al^èbre de Lucas de Burgo ne va pas an de-là des équa-tions du second degré. Les règles qu’il donne pour leurs réso-lutions , sont fondées snr le même principe qne les nôtres, mai»seulement énoncées autrement. Au lieu que nous ne don-nons quùme règle générale , quelle que soit la forme de l’é-quation, Lucas de Burgo donne pour chacune des trois for-mes , dont une équation du second degré est susceptible , une «espèce de règle particulière, ou de canon , qu’il a exprimé par
Voyez le Liv. précéd. au co.T.m.
(ij Ibìd. v