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Tome premier.
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<íia HISTOIRE

Quoique cette expression ne soit guère traitable, à cause dela multitude d’extractions de racines carrées , et de multipli-cations qu'd faudroit faire pour en tirer une approximation dela grandeur du cercle, elle ne laisse pas d’être remarquabledu moins dans la théorie.

Nous ne devons pas terminer cet article sans famé con-noîlrc plus particulièrement un homme à qui les mathémati-ques ont tant d’obligations. M. Viète étoit de Fontenai dans lePoitou, où il naquit vers l’an io4°- II fut maître des requêtesà Paris. Malgré les occupations de cette charge, et les affairesqu’il eut à conduire, il sut trouver le temps de s’adonner auxmathématiques avec le succès qu’on a vu. M. de Thou ( 1 ) yousrapporte qu’on le vit quelquefois passer trois jours de suitesans quitter son travail, et même sa table, où on lui apportoitde quoi réparer les forces qu’il dissipoit par une applicationsi continuelle. II eut deux vifs démêlés , l’un avec Scaliger, etl’autre avec Clavius. Dans le premier il avoit incontestable-ment raison, puisqu’il réfutoit la prétendue quadrature du cer-cle, que ce savant Littérateur, mais méchant géomètre, avoitdonnée. Sa querelle avec Clavius, lui lait, à mon avis, moinsd honneur. Le calendrier qu’il prétendoit substituer à celui queGrégoire XIIL avoit adopté d’après Lilius et Clavius, étoit su-jet à des défauts monstrueux que Clavius releva fort bien. M.Viète étoit profondément versé dans le grec, et l’on ne s’enapperçoit que trop. Ses écrits sont tellement parsemés dephrases en cette langue, ou de mots qui en tirent leur origine,comme parabolisrne , hypobibasme , antistrophe, et milleautres , que leur lecture est extrêmement laborieuse. Mais tel étoitìe goût du temps où il vivoit : il falloit étaler de l’éruditiongrecque avec profusion , pour mériter un norn parmi les sa-vans. Durant les guerres de la France avec TEspagne, des let-tres de la cour de Madrid à ses gouverneurs dans les Pays-Eas, ayant été interceptées, personne ne parut plus capableque M. Viète de les déchiffrer. 11 y parvint en effet, malgréla difficulté et la complication extrême de leur chiffre ; ce quidérangea beaucoup pendant deux ans los affaires des Espa-gnols. Ils comptoient tellement sur l’impossibiiité d’en trouverla clef, que lorsqu’ils s’apperçurent qu’on en étoit venu àbout, ils publièrent par-tout qu’on y avoit employé le sortilège.M. Viète vécut jusqu’à 63 ans, et mourut à Paris au mois deDécembre de l’année i6o3. 11 avoit publié durant sa vie diversécrits, mais qui furent toujours très-rares, parce que lorsqu’illes avoit fait imprimer, il cn retiroit tous les exemplaires,

(i) Iiisl. I. 129.