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Tome premier.
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61 \ HISTOIRE

En Allemagne , le plus ancien et le premier des Algébristes ,fut Christophe Rudolff, dont i’algèbre allemande intitulée : DièCoss. parut pour la première fois en 1622 , et de nouveau eni 553 , par les soins de Michel Stiffel : son habileté, tant enarithmétique qu’en algèbre, étoit telle , qu’on l’appclla le précep-teur en ce genre de toute l’Allemagne. Michel Stiffel est néan-moins plus généralement connu par son Arithmetica intégra,qu’il publia en i 544 .> et qui contient les germes de nombreusesinventions , comme deslogarithmes, et de diverses autres ; car ily compare expressément les progressions arithmétiques et géo-métriques, comme on le fait dans nos traités vulgaires de lo-garithmes; mais il lui manqua de chercher à interpoler dansla suite géométrique les termes moyens. Ainsi mal-à-proposchercheroit-on à atténuer par -14 la gloire de Neper, quid’ailleursenvisage la génération des Logarithmes d’une manière entiè-rement différente , et qui lui est propre.

Jean Neudorffer et Zacharias Lochner furent aussi des au-teurs de traités d Algèbre en allemand, ainsi que leur compa-triote, Peter Roth, qui intitula le sien, quoique écrit en al-lemand, Arithmetica Phìlosophica , etc. Cette Algèbre étoitsavante et profonde pour son temps. L’auteur y traitoit deséquations des troisième et quatrième degrés, et y résolvoitentr’autres 160 questions choisies, proposées par Faulhaber,et imprimées à Uhn , sous le titre de Arithmetìsche cubicossis -c f ie Lust gartaìi , ( Parterre arithmétique cubicossique , oualgébrique. )

Ce Eaulhaber mérite ici quelques détails particuliers. II étoitd’Ulm , et né dans la classe des ouvriers; ce qui ne l’empê-cha pas de faire des progrès remarquables dans toutes les par-ties des mathématiques qu’il cultiva et enrichit. II vécut encorependant une partie assez considérable du dix-septième siècle ;car Descartes eut l’occasion de le voir, ayant passé à Ulm ,pendant qu’il étoit dans le service militaire. Faulhaber visitépar un jeune officier François, le jugea d’abord d’après sesdiscours, un avantageux qui ne doutoit de rien, sur-toutlorsqu’ayant proposé une question qu’il jugeoit fort difficile,il eut vu le jeune Descartes lui en promettre la solution. Sasurprise fut grande lorsque le lendemain Descartes la lui apporta.11 connut alors tout ce qu’il valoit, et cela établit entr’eux desliaisons d’amitié , où probablement Descartes ne joua pas lerèle de disciple. A ces Algébristes Allemands, on doit encorejoindre Scheubel et Lazare Sehoener, qui écrivirent des trai-tés d’Algèbre en latin, mais ils ne s’élevèrent pas au-delà deséquations du second degré.

En Angleterre ceux qui cultivèrent les premiers l’Algèbre,