DES MATHÉMATIQUES. Part. M. Liv. III. 61Set qui la montrèrent à leurs compatriotes, furent Ilobert Re-cord, Richard Norman et Léonard Digges ; mais celui qu ellese vante avec plus de raison d’avoir produit, est le célébréHarriot. Son ouvrage néanmoins n’ayant paru qu’en i 63 i ,une dixaine d’années après sa mort, nous renvoyons à la par-tie suivante l’exposition de ses découvertes analytiques.
Le géomètre Portugais, Pierre Nonius ou Nuìïez, expliquaaussi à ses compatriotes les règles de l’Algèbre en langue cas-tillane. Son livre est intitulé : Libro de AÌgebray arithmetica ygeometria , ( Ain ber ez, 1667). II y entre dans d’assez grandsdétails sur la querelle de Cardan avec Tartalea. Je ne con-nois pas d’autre Algébriste Espagnol ou Portugais.
On vit enfin l’algèbre cultivée dans la Hollande et dans lesPays-Ras , par divers mathématiciens. L’un des principauxest Stevin , dont nous avons l’algèbre publiée à la fin duseizième siècle , et de nouveau imprimée dans le recueil de sesœuvres, donné en i 634 ; et un commentaire sur les questionsde Diophante, à l’égard duquel il a été accusé de diverseserreurs , effet probablement de sa précipitation. Sa notation ,ainsi que celles de ses compatriotes , qui cultivèrent l’Algèbre,
consiste dans les signes snivans : ( 1 ) désigne l’inconnue , la
cosa , suivant la dénomination des Italiens ; (2) désigne son
carré; ( 3 ) exprime le cube, etc.
Ludolph Van-Ceulen et Adrianus Romanus se distinguèrentaussi dans cette carrière. Ludolph appliqua l’algèbre à la réso-lution de nombre de questions arithmétiques et géométriquesdans ses Fundarnenta arithmetica et geometrica, Le dernier
Ì 'outa en quelque sorte avec Viète, en proposant un pro-téine fort singulier, puisque c’étoit la résolution d’une équa-tion du 4.6 e . degré; mais Viète devina l’énigme , et mon-tra que cette, équation résultoit de la quinquisection de laneuvième partie du cercle, et il fit voir ce qu’Adrianus Ro-manus ne paroît pas avoir soupçonné ; qu’indépendaminent dela corde de la quarante-cinquième partie de la circonférence ,il y avoit 44 autres cordes qui résolvoient aussi le problème,d’où il résulte que quoiqu’Adrianus Romanus eût cultivé lathéorie des sections angulaires , il n‘y avoit pas pénétré aussiprofondément que Viète.
Fin du troisième Livre de la' troisième Partie.