632 -HISTOIRE
voir le déranger* On peut même s’assurer de ceci par une expé-rience facile. Qu’on ait un globe très homogène et percé d’unaxe , on pourra le jeter en l’air, et lui imprimer en même-temps un mouvement de rotation autour de son axe. Onremarquera que soit que cet axe se trouve dans une situationperpendiculaire au plan de la courbe décrite par le corps,soit qu’il lui soit oblique, il restera parallèle à lui-même. Cequi se passe dans cette expérience , représente en petit lemouvement de la terre, et montre la possibilité, que dis-je,la nécessité de ce parallélisme de son axe ; car ce sont descauses semblables qui font décrire à la terre une courbe au-tour du soleil.
J’ai fait jusqu’ici abstraction d’un petit mouvement, qu’ilest nécessaire d’attribuer à Taxe terrestre pour expliquer unautre phénomène, savoir la progression apparente des fixes :car c’est aussi dans la terre elle - même que Copernic vachercher la cause de cette progression. En effet, quand onconsidérera le prodigieux éloignement de cette masse de corpsqui paroît se mouvoir comme un seul tout, il sera hors devraisemblance que ce mouvement soit réel, excepté pour ceuxqui , à l’exeinple des grossiers physiciens du dixième siècle ,pourroient croire que les étoiles fixes sont des brillans implan-tés dans la surface concave de la dernière voûte du ciel. IIest plus raisonnable de penser avec Copernic , que ce mouve-ment apparent n’est que l’effet d’une petite irrégularité dansle parallélisme de Taxe de la terre : on l’explique ainsi. Qu’onimagine que quelque cause, comme une impulsion, ait im-primé à la terre un mouvement qui feroit décrire à son axe,une surface conique autour de la perpendiculaire à l'éclip-tique , mais seulement dans plusieurs milliers d’années, il estévident que l’altération du parallélisme qu’il produira , seraimperceptible à chaque révolution : tout s’y passera , peu s’enfaut, comme si la terre eût gardé un parallélisme exact. Ce-pendant , quoique l’effet de cette aberration ne soit pas ap-préciable aux sens dans une révolution , on s’en appercevraau bout d’un certain nombre d’années : l’axe de la terre ré-pondra à un autre point de la sphère des étoiles fixes, et cha-cune de ses extrémités, ou chaque pôle, se sera avancée dansla circonférence d’un cercle concentrique au pôle de l’éclip-tique. Mais la situation des pôles de l’équateur changeant, ilest visible que les intersections de ce cercle avec Técliptique,changeront de même ; et si l’on suppose dans l’axe de la terreun mouvement de turbination contre Tordre des signes , cesintersections se mouvront dans le même sens, c’est-à-dire,rétrograderont, de sorte que Tcquinoxe du printemps anticipera
l’ari'ivée