DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Liv. IV. 633Tarrivée de la terre au point A de son orbite, où il s’est fait Tannéeprécédente. L’étoile placée au point A , paroîtra donc s’êtreécartée vers TOrient, de Tintersection de l’équateur et de l’éclip-tique, et cet écart très-peu sensible à chaque révolution, (caril n’est que d’environ 5o" par an) deviendra remarquable dansla suite des années. Ainsi la brillante d 'Arles, qui étoit autre-fois voisine de Tintersection de l’équateur et de Técliptique ,semble s’être avancée vers TOrient de près d’un signe depuisHipparque ; non qu’elle ait change de place, non plus quel'immense assemblage des étoiles íixes, il seroit aujourd’huiridicule de le croire j mais parce que les points équinoxiauxont continuellement rétrogradé. (Test pour cela qu’on appellece phénomène la précession des équinoxes.
De ce qu’on vient de dire, suit une conséquence qu’il fautremarquer ; c’est que dans cette nouvelle astronomie , la vraierévolution de la terre n’est pas Tintervalle écoulé entre unéquinoxe et son retour , comme dans le système de la terreimmobile ; car ce retour de Téquinoxe anticipe toujours leretour de la terre au même point de son orbite , parce queles points équinoxiaux rétrogradant, viennent au-devant d’elle.La révolution de la terre est donc le temps qu’elle emploie àrevenir à une même étoile fixe; elle est de 365 jours 6 heuresq minutes, tandis que la révolution tropique, ou Tintervalled’un équinoxe au suivant du même nom , n’est que de 365jours 5 heures 49 minutes.
Il est un autre phénomène dont il ne faut pas chercher lacause ailleurs , que dans le mouvement de la terre. Toutes lesplanètes , si nous en exceptons la Lune, sont sujettes à cer-taines irrégularités fort bizarres. On les voit après qu’elles sesont dégagées des rayons du Soleil, ralentir peu à peu leurmouvement , s’arrêter ensuite , puis rétrograder rapidementjusqu’à l’opposition, ensuite aller plus lentement, s’arrêter uneseconde fois, et enfin reprendre leur marche suivant Tordredes signes, jusqu’à. ce que le Soleil qui les atteint, les fassedisparoître. Jupiter, qui dans chacune de ses révolutions estdouze fois atteint et dépassé par la terre, éprouve ces appa-rences douze fois , Saturne trente , et Mars deux. Cette con-sidération suffiroit déjà, ce semble, pour faire rejeter la causede ce phénomène sur le mouvement de la terre. Mais la ma-nière simple et lumineuse dont on explique ces irrégularitésdans cette hypothèse , ne laisse aucune incertitude sur la jus-tesse de Texplication qu’en donne Copernic. Une comparaisonque nous allons faire , jettera du jour sur l’exemple que nousdonnerons ensuite.
Transportons-nous dans un bateau qui est en mouvementlomé /. Lili