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Tome premier.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Lit. IV. 63 9moins qui ne le regardât comme une hypothèse qui n’avoitrien de répugnant à la saine physique , et qui étoit plus propr»qu’aucune autre à expliquer les phénomèíies célestes.

II est ordinaire d’attaquer par l'autorité ce qu’on ne peutdétruire par de bonnes raisons. Quand les objections physiquesqu’on élevoit contre le système de Copernic , eurent été con-vaincues d’impuissance, on souleva les théologiens. Copernicavoit prévu qu’on lui feroit quelque jour cette querelle , etqu’il n’auroit pas seulement affaire aux physiciens, et auxastronomes invétérés dans leur erreur. II avoit traité fort cava-lièrement cette sorte de gens qui prétendent trouver dans despassages de l’Écriture , le dénouement d’une question physique,et il n’avoit pas daigné leur répondre. Ces passages furent ladernière arme qu’on employa contre lui : on accusa d’impiétéet d’hérésie ceux qui osoient penser que la terre tournoit ;bientôt même ils furent déférés aux tribunaux ecclésiastiques.Nous ferons ailleurs l’histoire de cette persécution, dont Galiléefut le principal objet, et dont on a sûrement honte aujour-d’hui dans le pays qui en fut le principal théâtre. Nous nousbornerons ici à la discussion des principales difficultés astrono-miques ou physiques qu’ôn opposa dans le temps à Copernic.

La première objection que ses adversaires aient fait valoircontre lui, est la prétendue démonstration que donne Aristotedu repos de la terre au centre de l’Univers. Tous les corpsgraves, avoit dit ce philosophe , dont l’autorité a retardé siîong-temps les progrès de la raison, tous les corps graves ,tendent vers le centre de l’Univers, comme les corps légersvers sa circonférence. Or l’expérience nous apprend que les

F remiers tendent au centre de la terre : ce centre et celui deUnivers , sont donc dans le même point.

Dès qu’on commença à secouer la honteuse servitude del’autorité d’Aristote, il ne fut pas difficile de répondre à un *aussi mauvais raisonnement. Car, qui avoit appris à ce phi-losophe que les corps graves tendent par leur nature au centrede l’Univers? Il les avoit vu tomber vers la terre, et il enavoit conclu dans son préjugé sur la position de notre demeure,qu’ils tomboient vers le centre de l’Univers, que la pesanteureníin n’étoit qu’une appétence de ce centre. Puis prenant cetteconclusion pour un principe , il vouloit en déduire le reposde la terre au centre. Le paralogisme est évident, et fait peud honneur à ce législateur de la logique. Nous trouvons dansla réponse que faisoit Copernic à cet argument, des traits dusystème de la gravitation universelle; la pesanteur, suivant lui,n est autre chose que la tendance qu’ont toutes les parties de