C 5 i HISTOIRE
à y suppléer : il observoit les comètes et les planètes par îemoyen cl’un fil tendu à 1 aide duquel il déterminoit deuxpaires différentes d étoiles qui fissent avec elles des lignesdroites- C’est-là un moyen fort simple, et que pourroit pra-tiquer, dans certaines circonstances, un observateur dénuéd’instrumens. Sans autre secours , Mœstlin ne laissa, pas detrouver que la fameuse étoile nouvelle de Cassiopée n’avoitaucune parallaxe. Tyclio donne des louanges à un de ses écritssur la comète de 1077. Effectivement Mœstlin avoit n on-seule-ment appei qu que ce n’étoit point un météore sublunaire , maisil tentoit da u s cet écrit de représenter son cours, en combi-nant son mouvement sur une orbite autour du soleil , aveccelui de la terré sur la sienne. Cette idée est fort heureuseet fort analogue à celle qu’on a des comètes dans l’astronomiemoderne. Kepler fait souvent mention de Mœatlin dans sonAstronornìae pars optica , et il nous en donne une idée fortavantageuse par les diverses choses qu’il en rapporte. On luidoit plusieurs observations que l’on trouve dans YHist. Coelestis.II est cependant à regretter qu’il n ai t pas eu plus de secourspour y vaquer avec exactitude. Il fut long temps professeura Tubinge, où il mourut vers le commencement du dix-septièmesiècle.
II est difficile de ne pas faire ici quelque mention du cé-lèbre et malheureux Jordan Brunus, (Giordano Bruno) dontle sort tragique est si connu. Ce n'est pas qu’il se soit rendurecommandable en astronomie par des travaux qui ayent con-tribué à ses progrès. Mais il eut sur la physique de l'Universdes idées d une extrême hardiesse pour son temps. Il les publiaen i 5 pi dans un ouvrage intitulé : De monade numéro etmensura , etc. De innumerabílibus mund'is et injigurabili , seude universo et mundìs, Libri VJll. Là on lit que l'Univers estinfini, que notre inonde n’est pas unique, que chaque étoileest un soleil autour duquel roulent des planètes habitées, etc.Mais tout cela est noyé dans un océan, d’nlées folles et incohé-rentes , vrai ouvrage d’un cerveau exalté an plus haut degré.Ce livre que j'ai vu payer à une vente publique 26 louis, n’ade mérite que pour les bibliomanes, à raison de sa rareté etde la célébiité de son auteur. Remarquons toutefois que ce nefut pas pour ces opinions singulières , et au-dessus de la phi-losophie de son siècle , que Brunus encourut la peine du feuqu’il subit à Rome dans le champ de Flore, le 17 février iéoo;mais pour son Spaccìo delta Bestia triomphante , qu’il avoitpublié à Londres, et qui est une satyre sanglante cle la reli-gion romaine et du gouvernement papal. Avec une pareilletache envers la cour de Rome, il falloit être bien imprudent