AU QUATRIÈME LIVRE. 7 i 9au soleil. Aussi depuis que la ville est remplie de cadrans, onne voit que gens se traînant décharnés et mourans de faim ».
Ce que nous venons de dire nous annonce aussi qu’il y avoitanciennement une manière de mesurer le temps par la lon-gueur de l’ombre qu’un style projetoit au soleil. En eflet plu-sieurs passages d’auteurs anciens ont trait à cette mesure dutemps : ainsi l’on disoit l 'ombre a dix pieds , combien depieds a L’ombre ? 11 paroît que ce í'ut d’abord la hauteur ducorps humain qui servoit de style. Chacun, au moyen de cela,portoit avec soi son horloge ; il y avoit aussi probablementdes styles en divers endroits d’une ville, et l’on peut concevoir,qu’au moyen de cercles concentriques , tracés à la distance d’unpied les uns des autres , on pouvoit aussitôt reconnoître lalongueur de l’ombre en pieds et parties de pieds. Mais il falloitavoir une table plus ou moins étendue des heures correspon-dantes à ces longueurs, et cette table devoit varier chaque mois ;ce qui étoit certainement bien incommode. Peut-être dans l’usagehabituel se bornoit-on à savoir qu’au commencement du prin-temps on dînoit à dix pieds , par exemple ; qu’au commen-cement de l’été on le faisoit à quatre, au commencement del’hiver à quatorze ou quinze. Quoiqu’il en soit, Palladius ,auteur du sixième siècle , nous a conservé un ancien calen-drier , où, à la fin de chaque mois , se trouve une table dela longueur de l’ombre à chaque heure de la journée ( i )•Mais on sent qu’à l’incommodité du besoin de cette table sejoignoit celle de ne pouvoir connoître les heures voisines dulever et du coucher du soleil à cause de la longueur excessivede l’ombre. II est cependant certain que cette expression ,l’ ombre est de tant de pieds , a subsisté long - temps âpresl’invention des cadrans solaires, et c’est ce qui est prouvé parplusieurs passages de Lucien. Mais je suis porté à penser quece n'étoit plus qu’une expression restée dans l’usage, et qu’uneombre de tant de pieds étoit analogue à telle ligne horaire,une autre de tant à telle autre.
Remarquons en passant que telle est encore la manièredont les habitans de Madagascar mesurent la journée.
Le savant Bède a donné dans ses oeuvres la constructiond’un pareil cadran ; et un astronome, ou plutôt astrologueItalien, nommé Benìncasa , a en quelque sorte voulu restituercette espèce de cadran dans un écrit intitulé : Homo-metrum ., &c.Je me hâte de passer à des choses plus précises sur les cadransSolaires.
Nous devons à l’espèce de manie qu’avoit Vitruve* d’étaler.
(i) Petavii, Diff, ad Uranolog . -.