ii3 HISTOIRE
dit que Neuton avoit mal conçu son princi|)e. Dans un seulendroit il dit qu’il s’étoit énoncé avec une concision qui avoit pudonner lieu aux difficultés élevées contre son calcul. Mais il estsans doute permis de développer une idée qu’un grand hommen’a expliqué que subobscurément, pour ainsi dire, par quelquesphrases. II est encore très*licite d’étayer cette idée d’autres ana-logues, et de démonstrations tirées des principes les plus rigou-reux et les plus généralement admis , comme le fait M. Robins ,dans f ouvrage dont il s’agit. Ce qu’il y a même de singulier dansce jugement de M. de Buffon sur les écrits publiés pour la défensedes calculs de Neuton, c’est que d'après divers endroits de celuide M. Robins, il paroîtroìt que c’étoient les auteurs cachés sousle nom de Philalethes qui étoient coupable.-, de cette espèce deblasphème contre Neuton imputé à M. Robins. Quoiqu’il en soitil est très certain que la doctrine de M. Robins sur les fluxionsest ton t à-fait solide et satisfaisante , ainsi que celle de diversautres écrits qu’il publia encore sur ce sujet (i) et contre le Phi-lalethes ; car les auteurs de celui-ci ne virent pas , sans êtreblessés, que M. Robins trouvoit leur défense imparfaite ; ce quidonna lieu à une altercation assez vive entr’eux j mais í’Angle-terre paroît avoir prononcé pour M. Robins.
Remarquons au reste que M. Robins, quoique injustement etdurement maltraité par M. de Buffon, méritoit en quelque sortece traitement, par la manière dure et méprisante dont il avoitlui-même parlé de Bernoulli et d’Euler , traitant le premierd’ inélégant computìst et raillant amèrement le second sur quel-ques idées métaphysiques, à dire vrai, assez singulières. II avoitaussi fort maltraité le D. Jurin et Smith ; le premier au sujet deson essay on -vision et le second relativement à son optique ,ouvrage en effet fort mal fait et où fl s’est glissé plusieurs erreurs.Mais admirons ici l’honnêteté de M. Euler que ce procédé deM. Robins envers lui n’empêche pas de traduire son ouvragesur l’artillerie et d’y ajouter des notes quelquefois critiques , maissans amertume. J’ai encore vu citer une défense de Neutonintitulé Ultimators, qui signifie sans doute les dernières raisons jmais je ne l’ai jamais rencontrée.
C’est enfin pour répondre aux attaques du D. Berckley que lecélébré M. Maclaurin semble avoir entrepris son traité desfluxions qui parut en 1742,. La méthode de Neuton y est toutedémontrée sans aucune supposition d’infiniment petits ou antre■ quelconque capable de prêter à contestation ; mais à la manièredes anciens et par un procédé semblable à celui qu’Archimedeemployé si souvent dans ses ouvrages. On pourroit seulement
( 1 ) Voyez le second volume de ses Œuvres. Lond, ij6i , in- 8°.