DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Lxv. I. 119dire que les démonstrations de M. Macîaurin sont d’une longueurprodigieuse , exigent une contention d’esprit dont je crois quejseu de géomètres sont capables aujourd’hui : il auroit pu , cesemble , se borner à quelques exemples de la manière d’appliquerla méthode ancienne à consolider, s’il en eut été besoin , laméthode de Neuton. Quoiqu il en soi® , on peut dire que s’ilpouvoit rester quelques doutes sur la solidité de cette dernière ,il sont entièrement dissipés par cet ouvrage de Macîaurin , etquelques questions que la métaphisique la plus captieuse puisseélever sur la nature de f’infìni ; le mathématicien a droit de nes’en pas plus embarrasser que des disputes des physiciens sur lanature de l’étendue et du mouvement. Mais ce n’est pas là leseul mérite de l’ouvrage de M. Macîaurin ; tout ce qui concernela méthode des fluxions soit directe , soit inverse y est expliquéavec une profondeur beaucoup supérieure à ce qu on avoit vuauparavant, et plusieurs beaux problèmes pbisico-mathématiquesy sont traités presque sans calcul , et avec une simplicité quiravit ceux qui sont capables de sentir ce genre de beauté.
Après des ouvrages si solides et des réponses aussi victorieusesà toutes les difficultés élevées contre la méthode des fluxions, oules calculs différentiel et intégral, il ne peut plus y avoir quequelques ignorans ou quelques esprits faux, dont l’espèce n’estpas rare, qui puissent entreprendre de les ébranler. On doit bien-s’attendre que de temps en. temps on verra de ces attaques ,puisque chaque jour les vérités les plus simples n'en sont pas ài’abri ; mais on ne doit y faire quelque attention que lors-qu’elles partent de personnes qui ont donné quelque preuvede connoissances. Qui s’avisera de réfuter le S. Gauthier sur lathéorie des couleurs et le système de l'univers, ou tant de bonnes-gens qui croyant avoir trouvé la quadrature du cercle, ou lemouvement perpétuel sans connoître les premiers principes de la;Geometne ou de la mécanique? La vie d un homme qui-cultiveles sciences seroit une querelle perpétuelle.
XIII.
Le calcul différentiel ou des fluxions beaucoup plus facile etplus traitable que sdn inverse $ le calcul intégral, devoit natu-rellement marcher plus rapidement vers la perfection j aussi nepresente-t-il pas , à beaucoup près , à cette partie de notre ouvrage-une matière aussi abondante que le second qui nous occuperauentot. U est cependant des applications du premier de cescamuls qui doivent nous occuper ici, d-autan t que plusieurs deqru 1 ont employé et enseigné n ont pas toujours connu les-