DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. I. 4*3
Parmi ceux qui se sont adonnés à ce genre de recherchesvers le milieu de ce siècle , on doit compte» principalementM. Kerseboom en Hollande, et de Parcieux en France. Le pre-mier a consigné ses recherches dans un excellent ouvrage(Essais de calcul politique') publié à la Haye , en 1748 etiy 5 z , en hollandois. La Michodière , intendant de Lyon ,m’cngagea à le traduire , et il en a fait usage. II avoir déjàpublié un autre ouvrage à la Haye en 1708, à Amsterdam en1742.. On trouve un extrait du premier clans les Transactionsde 1708, n°. 45 o , par M. Lames.
Comme Kerseboom avoit principalement en vue d’établirl’ordre de mortalité des rentiers , il s’est servi , pour établircet ordre , des listes de rentiers morts, qu’on imprime annuel-lement, et il donne, d’après cet ordre, des tables des valeursdes rentes viagères, soit sur une , soit sur plusieurs têtes. II yrésoud aussi par occ&sion plusieurs questions intéressantessur cette matière. Kerseboom traite surtout de la populationde la Hollande ; il y joint des recherches intéressantes sur lerapport des hommes aux femmes, qu’il trouve de 18 à 17 ; surcelui des veufs aux veuves ; sur la quantité de mariages existantdans une population donnée, ou qui se font annuellement, &c.Struyk donna en 1740 , dans son Introduction à la Géogra-phie universelle , des conjectures sur Vétat du genre humain ,et un traité assez long sur le calcul des annuités ( Je tout en hol-^andois ) ; et Kerseboom a fait des observations sur cet ouvrage.
Pendant que Struyck et Kerseboom s’occupoicnt de cet objeten Hollande , Depa r cieux travailloit en France dans les mêmesvues. Son livre intitulé Essai sur la probabilité de la duréede la vie humaine (Paris , i/z-4 0 .) , parut en 1746. Pour établir1 ordre de mortalité qui lui sert de base dans ses calculs, ilemploie des listes de tontines décédées ; sur quoi l’on est peut-être fondé à observer que si l’ordre de mortalité de Dupré deSaint Maur et Buffon donne dans un extrême par, une extinc-tion trop rapide, quant à rétablissement des rentes viagères,l’ordre tiré des listes de tontiniers donne dans l’extrême opposé ,savoir celui de présenter une extinction trop lente , et que lechoix des simples rentiers isolés étoit le plus propre à cet objet;car on peut dire que si les rentiers viagers font une classechoisie parmi les hommes , les tontiniers forment eux-mêmesune classe choisie parmi les rentiers, On ne doit donc pas êtreétonné qu’il y ait quelque différence dans les résultats , entreKerseboom et Deparcieux. Au reste on yoit par leurs résultatsque celui qui emprunte en rente viagère à 10 pour f, dansun pays où l’intérêt commun est à 5 , emprunte énormémentcher , quoiqu’en pense le vulgaire. Suivant Tordre de m or-