Band 
Tome III.
Seite
87
JPEG-Download
 

COR

•Blé, [dit Fontenelle dans la Vie deson illustre oncle] que s’il avoirVu les Espagnols devant Paris. 11souleva les auteurs contre cet ou-vrage , ( ce qui ne dut pas être fortdifficile ) & se mit à leur tête. L’a-cadémie Françoise donna, parl’or-. dre de ce ministre, son fondateur• & son prote fleur ,-ses Sentimentsí urcette tragédie. Mais elle eut beaucritiquer : le public , pour me ser-vir de l'expression de Dafpriaux ,s’obstina à Vadmirer. Én plusieursprovinces de France, il étoit passéCn proverbe de dire : Cela est beaucomme le ClD. Corneille avoir dansson cabinet cette piece traduitedans tomes les langues de l’Europe,hormis l’Esclavone & la Turque.Les Espagnols, dont il avoit em-prunté ce sujet, voulurent biencopier eux-roêmes une copie dont.l’original leur appartenoit; maisqui, à la vérité , par les embellis-sements dont savoir accompagnéel’auteur François, étoit au-deffusde tout ce qu’a produit le théâtre.Espagnol. Corneille ne répondit àRichelieu qu’en tâchant de fairequelque piece encore supérieureau Cid. Comme il voyoit dansce ministre deux hommes diffé-rents , son bienfaicteur & son en-nemi, il fit les vers suivants aprèsfa mort :

Qu’on parle mal , ou bien , du fameuxCardinal ,

Ma prose ni mes vers n'en diront ja-mais rien.

Il m’a trop fait de bien , pour en diredu mal ;

Il m’a trop fait de mal , pour en diredu bien.

Les Horacts, tragédie représentée en1639, ne fut point critiquée commele Cid. On répandit cependant lebruit qu’elle alloit l’être. Corneillen ’en fut pas fort ému. « Horace, (dit-” il ) fut condamné par les duum-

€ O R . 8-7

« vîrs , mais il fut absous pat. îe» peuple ». Après lçsjHijímiS vintCinna , au-deffus duquel ostnettoù-veroi t pas facilement quelque clrç-se, ni dansl’antiquitç, ni dans .lestragiques modernes. Le- Cid, f ditFauteur du Siecle de Louis XIV a)n’étoit, après tout, qustine imita-tion de Guillemde Caftro-y & Cinna ,qui le suivit, étoit unique. Le GrandLondé, à l'àge de 20 ans, étant à lapremiers- représentation de cet-fepiece, versa des larmes à ces parolesà'Auguste- :

Je fuis maître de moi , oomrìd dlU -nivels ; ' ’’’ '

Je le fms , je veux r être. O ficelés f í

Conferv:\ à jamais ma nouvelle vic-toire.

Je triomphe aujourd’hui dit plus justecourroux ,

De qui le souvenir puijse dllér jùfqu’à

VOUS.

Soyons amis , Cinna ; c'est moi quit’en convie...

( Vóy. Máius , rf 1 7 . )

C’étoient-là des larmes de héros.Le Grand Corneille faisant pleurerle Grand Condé , est une époquebien célébré dans l’histoire de l’es-prit humain! Le théâtre Françoisétoit au plus haut point de fa gloi-re. Corneille le soutint dans ce de-gré par son PolyeuSe. En vain la cri-tique voulut fermer les yeux furla beauté de cette piece ; en vainFhôtel de Rambouillet, astle dubel esprit comme du mauvais goût,lui refusa son suffrage ; elle a ététoujours regardée comme un deses plus beaux ouvrages. Le stylon’en est pas si fort, ni si majes-tueux que celui de Cinna \ mnís.ellea quelque chose de plus touchant.L’amour profane y contraste si bienavec l’amour divin > qu’il satisfit àla fois les dévots & les gens dumonde. 11 est vraidit Voltaire.

F iv