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que PolyeuHe n’excite guises ni lapitié, ni la crainte ; mais il y ade trèsbeaux traits dans ion rôle,& il falloit un très-grand géniepour manier un sujet fi difficile.Nous ne parlons pas de l’extrêmebeauté du rôle de Sévete , de la si-tuation piquante de Pouline , de fafcene admirable avec Sévère , au IV eacte Toutes ces beautés effacentles défauts de cette piece , & luiaffûtent un succès éternel. AprèsPolyeuHe vint Pompée, dans laquellel’auteur profita de Lucain , commedans fa Médée il avoit imité Séneque ;Hiais dans les endroits où il les co-pii) il paroît original. Plein de laPharsah , il répandit la pompe dett poème Sc la hardiesse de íespensées dans fa piece ; 8c cette pom-pe, dans le poète françois commedans le latin, va quelquefois jusqu àï'enflure. Cependant Pompée est unouvrage d’un genre unique , que leseul génie de Corneille pouvoit faireréussir. On s’est plaint qu’il a dé-gradé la grandeur Romaine dansl’antour de César pour Cléopâtre-,amour ridicule Sc traité ridicule-ment. Si Ton excepte les feenes deChimene dans le Cid, 8c quelquesmorceaux de PolyeuHe , cette pas-sion ne fut jamais peinte par Cor-neille , comme elle doit l’être. Cepoète avoit donné le modele desbonnes tragédies; il donna celui dela comedie dans la piece du Menteur,jouee en 1642. Ce n’est qu’uneimitation de VEspagnol ; mais c’estprobablement à cette imitation quenous devons Molière. La comédiede Corneille , quoique défectueuse ,eut long temps une supériorité mar-quée sur toutes les pieces de sescontemporains. La fcene troisièmede l’acte cinquième est pleine deforce 8c de noblesse ; on y voit lamême main qui peignit le vieilHorace Sc D. Diégue. La Suite duMenteur , représentée en 1643 » &
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imitée aussi de l'Espagnol, ne réus-sit point d’abord, mais elle euf en-suite un succès heureijxr. L'rrtfrigtrede cette secondepiece est beaucoupplus intéressante que celle de lapremiere ; Sc fauteur, en donnantde l’ame au caractère de Philifle ,en tâchant d’amener un peu mieuxles beaux sentiments 8c la plaisan-terie , enfin, en retranchant quel-ques mauvaises pointes, eût fait decette piece une des plus agréablesqu’on ait vues au théâtre. Théodorevierge 6- martyre, jouée en 1645, neíervirqu-’á montrer que le génie leplus élevé tombe quelquefois leplus. La versification est celle desmeilleures pieces de Corneille, tan-tôt forte, tantôt foible ; toujoursla même inégalité de style, le mêmetour de phrase, la même maniéréd'intriguer. Mais faction principaleétant la prostitution de f héroïne,cette piece dut révolter un par-terre délicat. On y trouve des versqui présentent les images les plusbasses. On menace Théodore de lalivrer à f infamie ; & elle répond ,que si on la réduisoit à cette ex-trémité ,
On la verroit offrir, d'une ame ré-solue ,
A l’époux sans macule une épouseimpollue .
Fontenelle, à qui l’on récitoit unjour ces vers, fans lui dire de quiils étoient, s’écria : Quel est le Ron-sard qui a pu écrire ains ? — Ceft,lui répondit-on , votre cher oncle leGrand Corneille. Ce poète choisitle sujet de Théodore , parce qu’ilconnoissoi: plus son cabinet que lemonde. A cette piece indécente,succéda une tragédie dont le sujetest aussi grand 8c aussi terrible quecelui de Théodore étoit biiarre Scridicule. C’est Rodogune, que Cor-neille aimoit.d’un amour de préfé-rence. 11 disoit que, » pour trouver