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Tome III.
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«la pins belle de ses pieces, îlfal-« Ion choisir entre Rodogune &

C'mna , « quoique le public pen-chât plus du côté de la derniere.Rodogune , avec très-peu de taches,a des beautés fans nombre. L’inté-rêty devient plus vif d’acte en acte;le second passe le premier, le troi-sième est au-dessus du second , &le dernier l’emporte sur tous lesautres. Héraclius parut ensuite, 8cle public ne la trouva point indignede s chefs-d’œuvres qui l’a voientprécédée. Le fonds en est noble,théâtral, attachant. Cette tragédieest si chargée d’incidents, qu unepremiere représentation est plutôtun travail qu’un amusement ; maisen excitant la curiosité, l’intrigueoccupe l’esprit du spectateur, dontl’amour propre est très-flatté lors-qu’il l’a débrouillée. Boiltau 1 ap-pelloìtun logogripke-, il faut avouerqu’il y a de très-beaux morceauxdans cette énigme, 8c quoique ladiction n’en soit ni assez pure, niaffez élégante , on la lit toujoursavec plaisir. D. Sanche d'Arragon ,Andromède , Nicomìde , Pertharite ,n’eurent que des succès équivo-ques , 8c la derniere ne fut jouéequ'une fois. Corneille ne put cepen-dant se dégoûter du théâtre. Cé-dant à l’impulsion de son géniepoétique 8c aux sollicitations deFoucquet , il donna son (Edipe en1659. Cette piece réuffit, 8c luiprocura de nouveaux bienfaits duroi. 11 la dédia par une épître envers â Foucquet, comme il a voie dé-dié Cinna à Montauron , trésorier del’épargne , qui lui donna mille pis-toles. On appela depuis les dédi-caces lucratives, des Epîtres à laMontauron, Le nom de Foucquet nefera point passer à la postérité latragédie à'(Edipe , où fauteur estplus occupé à disserter, qu’à ins-pirer le pathétique d’un tel sujet

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&d’utt tel poètes*). Son génie semontra avec plus d’eclat dans Ser-torius, joué en tsiSz. Malgré unecertaine dureté de style, il y a debeaux éclairs. L’entrevue de Ser-torius 8c de Pompée intéressa tousles spectateurs qui aimoient l’aa-cienne Rome. Les deux générauxy déploient toute la noblesse 8c lafierté des héros, 8c paroissent enmême temps épuiser les grandes res-sources de leur politique. Turenneétant un jour à une représentationde Sertcrius , s’écria, dit- on > à cettescène : Où donc Corneille a-t-ìl ap-npris Fart de la guerre ? " Voltaire ditque cette anecdote est fausse, 8cn’en donne pas les raisons. Aureste, îe dénouement de Sertorius estassez froid, & il n’a jamais remuél’ame des spectateurs... Othon, jouéen 1664, n’a rien de bien attachant.Ce n’est qu’un arrangement de fa-mille ; on ne s’y intéresse pour per-sonne ; on y cherche en vain unstyle pur, noble, coulant Sc égal.Cette piece réuffit cependant, enfaveur des beautés des premieresscènes 8c de quelques heureuses imi-tations de Tacite. Corneille tâcha de

peindre la corruption de la courdes empereurs, du même pinceaudont il avoir peint les vertus de larépublique ; mais il s’en faut beau-coup que ses couleurs soient auffifortes 8c auffi brillantes que dansses premieres pieces. Le maréchalde Grammont dit, à i’occaiion decette tragédie qui eut des suffragesillustres , que Corneille devoit êtrele bréviaire des Rois ; & Louvoisajouta qu’i/ faudroit un parterre com-posé de ministres d'état pour la bienjuger... Corneille , encouragé par ceséloges, donna de nouvelles pieces,mais toutes indignes de lui. Ce futpar Agéfilas , Attila , Bérénice , P ni-ché rie & Suréna , que ce peie dii(*) Sophocle. j