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Tome III.
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« daille ou dans un buste. Sa pro-» nonciation n’étoit pas tout-à fait» nette. U lifoit ses vêts avec for-« ce, niais fans grâce. 11 savoir les» belles-lettres, l’iústoite, la poli-» tique ; mais il les prenoic princi-» paiement du côté qu’elles ont« rapport au théâtre. 11 n’avoitm pour toutes les autres connoif-» sauces ni loisir, ni curiosité, ni» beaucoupd’estime.llparloitpeu,

« même sur la matière qu’il en-» tendoit si parfaitement. 11 n’or-» noit pas ce qu’il difoit, Sc pour» trouver le Grand Corneille , il fal-« loitle lire. 11 étoit mélancolique.

» 11 lui falloit des sujets plus foli->» des pour espérer ou pour se re-» jouir , que pour se chagriner ou» pour craindre. 11 avoir l’humeur» brusque, & quelquefois rude en

« apparence ; au fond, il étoit tres-» aisé à vivre ; bon pere,bon mari,

» bon parent, tendre & plein d a-« initié. Son tempérament le por--, toit assez à L’amour, mais jamais» au libertinage , & rarement aux» grands attachements. 11 avoir« l’ame siere & indépendante ; nul-» le souplesse, nul manege : ce qui» l’a rendu très-propre à peindre lan vertu Romaine , & tijèspeupro-» pre à faire fa fortune. 11 n’aimoit» point la cour ; il y apportoit un» visage prefqu'inconnu, un grand>' nom qui ne s’attiroit que des>' louanges, & «n mérite qui n'é-» toit point le mérite de cepays là.

Rien n’étoit égal à son incapa-» cité pour les affaires, que son» aversion ; les plus légetes lut cau-» soient de l’effroi Sc de la terreur.>, 11 avoir plus d’amour pour l’ar-» gent , que d’habileté pour enm. amasser. 11 ne s’étoit point trop» endurci aux louanges, à force» d’en recevoir ; mais, quoique« sensible à la gloire, il étoit fort" éloigné de la vanité. Quelquefois» lls’affuroit trop peu fur son rare

COR çx

« mérite, & croyoit trop facile-» ment qu’il pouvoir avoir des ri-« vaux «. Sa devise etoit :

Et mihi res , non rébus mefubmittereconor.

J’ai su tout me plier, sans me plierà rien.

Fontenelle, comme nous venons dele voir, dit que son oncle avoitl’air fort simple & fort commun.Dom á'Argonne dit que la premiè-re fois qu’il le vit, il le prit pourun marchand de Rouen , Sc qu’ilne reconnut point en lui cet hom-me qui faisoit û bien parler lesGrecs 8c les Romains. 11 dit lui—meme dans des vers à Pelijfon :

En. matière d*amour , je fuis fort ìné-

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J’en écris ajfe j liai , je le fais affe^mal.

3'ai la plume féconde, & la bouchestérile.

Bon galant au Théâtre , & fort mau-vais en ville ;

Et ton peut rarement nf écouter fans.ennui,

Qjte quand je me produis par la bouche<T autrui.

Corneille eut trois fils : le premiercapitaine de cavalerie ; le fécond ,lieutenant -, le troisième, ecclésias-tique & abbé d’Aiguevive, près deTours. Le lieutenant-de cavaleriefut tué au siège de Grave, & sonaîné ne laissa pas de postérité.

Joty publia en 1738 , une nou-velle édition du Théâtre de PierreCorneille en 10 vol. in-12. C’est laplus correcte que nous ayons. Vol-taire , qui devoir tant au grand Cor-neille , Sl , pour nous servir de sesexpressions , soldat de ce général,prit chez lui, à la fin de 1760, fapetite niece. Après lui avoir donneune éducation digne de fa naissan-ce Sc de ses talents, il la maria d’unemaniéré avantageuse.II ajouta à «ebienfait, celui de lui céder le fruitde la nouvelle édition des Œuvres