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Tome III.
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îc sur-tout ceux de province , ai-nioient à faire le rôle du comted ’EJfex , à paroitre avec une jarre-tière brodée au-dessous du genou»íc un grand ruban bleu en bandoui-liete. Le comte A’EJsex donné pourun héros du premier ordre, persé-cuté par l’envie, ne laisse pas d’enimposer. On est touché; on pleurequelquefois ; Sc dans cet attendris-sement , on n’examine pas si l’au-teur a changé les faits & les carac-tères , comme l’a fait Corneille ; si lestyle est toujours pur & élégant ;fi les passions y parlent le langagequi leur est propre. C’est ce qui estarrivé au Comte d'Ejsex : on a eteentraîné par la situation ; 8c on n’afait attention , ni aux discours quine font pas toujours nobles, ni auxbienséances qui y font souventblessées. La tragédie de Timocrate ,aujourd’hui dédaignée , eut 80re-présentations dans fa naissance. En-fin, comme le parterre laredeman-doit encore , un acteur vint annon-cer de la part de ses confrères,

« que quoiqu’on ne se lassât point» d’entendre cette tragédie , on» étoit las de la jouer. D’ailleurs,

» ajouta-t-il, nous courrions ris—

» que d’oublier nos autres pie-» ces ». ( Voy. CAMMA. ) Corneilleavoir une mémoire si prodigieuse ,que lorsqu’il étoit prié de lire unede ses pieces, il la récitoit tout defuite fans hésiter, 8c mieux qu’uncomédien n’autoit pu faire. II joi-gnoit à ses talents , toutes les qua-lités de l’honnête homme St du ci-toyen. II étoit sage , modeste , at-tentif au mérite des autres, char-mé de leurs succès , ingénieux àexcuser les défauts de ses concur-rents, comme à relever leurs beau-tés; ( Voyc{ BOURSAULT. ) cher-chant de bonne foi des conseils furses propres ouvrages ; 8c fur lesouvrages des autres donnant lui-tneme des avis sincères, fans crain-

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dre d’en donner de trop utiles. Uconserva une politesse surprenantejusque dans ses derniers temps ,où l’âge sembloit devoir l’affran-chir de beaucoup d'attention. l?ti-mon entre son frété 8c lui, sut tou-jours intime. Ilsavoient épousé lesdeux soeurs; ils eurent le mêmenombre d’enfants.Ce n’étoit qu’unememe maison, qu’un même dômes»tique, qu’un même cœur. AprèsL; ans de mariage, ni l’un ni l’au-tre n’avoient songé au partage dubien de leurs femmes, & il ne futfait qu'à ía mort du Grand CorneillelLe Théâtre de Thomas a été recueillien 5 vol.in-ia ; mais ce ne font passes seuls ouvrages. On a encore delui : I. La Traduction en vers françaisdes Métamorphoses d’Ovide , d’unepartie des Elégies 8? des Epîtres dumême poète, en 3 vol. in-n. II.

Un Dictionnaire des Arts 6- des Scier.-«r, en î vol. in- fol. qui parut pourla premiere fois l’an 1694, en mê-me-temps que celui de l’académieFrançoise, dont il étoit comme lesupplément. L'illustre Eontenelle ,neveu, 8c, ce qui vaut mieux, amiintime de Thomas Corneille , donnaune seconde édition de l’ouvragede son oncle en 173t. 11 le revit,le corrigea , l’augmenta considéra-blement , 8c sur-tout pour les arti-cles de mathématique 8c de physi-que. III. Un Dictionnaire universel ,Géographique &• Historique , en 3 vol.in-fol, 1707; très-exact: pour lapartie géographique qui concernela Normandie , 8c fautif dans beau-coup d’articles qui ne regardent pascette province. Quoique ThomasCorneille fût devenu aveugle, fur lafin de ses jours, il préparoit unenouvelle édition de ces deux Dic-tionnaires ; mais la mort l'empêchade donner au dernier toute l’exac-titude dont il seroit susceptible. IIn’avoit rien oublié cependant pourperfectionner son ouvrage, 8c avoit