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ner, & fut enlevée à son peuplel’an 314 avant J. C., laissant une
mémoire immortelle.
CRATINUS , un des meilleurspoètes & des plus grands buveursde son temps, se nt connoître àAthènes par ses Comédies . & mou-rut à 97 ans , vers l’an 432 avantl’ere chrétienne. Sa plume n’épar-gnoit personne, pas même les pre-miers magistrats de la république.Quoiqu’une basse bouffonnerie 8cune grossière obscénité fissent or-dinairement le fond des Comédiesde Cratinus, le petit peuple d’Athe*nés le chassa une fois avec fa trou-pe , parce que la scene n’étoit pasassez bassement comique à son gré.Ouintilicn porte un jugement avan-tageux de ses pieces de théâtre ;mais les fragments qui nous restentfont trop peu de chose pour déci-der s’il méritoit cet éloge.
CRATIPPUS > philosophe Péri-patéticien de Mitylène , où il en-seigna la philosophie , alla ensuiteà Athènes, 8c eut pour disciplesle fils de Ciccron & Brutus. Pompéealla le voir après la bataille dePharfale , 8c lui proposa des dif-ficultés contre la providence. Lephilosophe consola le guerrier, 8cjustifia la Divinité.
CRATON ou de Crafftheim,(Jean) né à Bresleau, en 1519,fut médecin des empereurs Ferdi-nand l , Maximilien II & RodolphcII. C’est à cette occasion qu’il pa-rodia un vers d 'Horace :
Principibus placuijse viris non ul-tima laits est.
11 change ainsi :
Cœfaribus placuijse tribus non ul-time laus est.
Ce docteur mourut en 15S3 , à 66ans, dans fa patrie. On a de lui:Ifagogc Medicintz , a Venise, en1560^ in-8°, Sc plusieurs ouvragesestimés des gens de l’art. L’auteur
CRÈ
avoir pratiqué la médecine avíibeaucoup de succès. C’étoit un’honlme de bonne mine, & il tes-sembloit parfaitement à l'empereurMaximilien II. On l’accusoit d’a-voir l’humeur chagrine , 8c d’êtretrop attaché à l’argent.
CRAYER ( Gaspard ), peintred’Anvers , mort à Gand en 1669 ,réussit également dans l’histoireôcdans le portrait. Le célébré Rubensle regardoit comme son émule ; 8cce n’est pas un petit éloge pource peintre. La nature est rendue,dans ses ouvrages , avec une ex-pression frappante 8c un colorisenchanteur.
I. CREBILLON (Prosper Jolyotde), né à Dijon lei3 févr.l674,d ungreffier en chef de la chambre descomptes , étudia au college Mala-ria , fit son droit 8c fut reçu Avo-cat. 11 fe mit à Paris chez un pro-cureur , pour s’y former à l’étudedu barreau ; mais 1 impétuosité defa jeunesse fut un obstacle à sessuccès. Prieur ( c’étoit le nom deson procureur ) lui voyant une ré-pugnance naturelle'pour la chicane,lui proposa de travailler pour léthéâtre. Après avoir refusé plu-sieurs fois, le jeune Crèbillon donnaIdoménée , & ensuite Atrée. Prieur ,■attaqué d’une maladie mortelle,s’étoit fait porter à la premiere re-présentation de cette derniere Pie-ce; il dit à l’auteur en l’embras-sant : Je meurs content , je rous aifait poète , 8- je laijfe un homme à laNation.... Le jeune auteur marchoitavec gloire Hans cette nouvelle car-rière , lorsqu’il devint passionné-ment amoureux, Sc son amour fi-nit pat le mariage. Son pere, indi-gné contre lui, nui le voyoit livréau démon de la pocsie , le déshéri-ta ; mais étant tombé malade quel-que temps après er 1707, il le ré-tablit dans tous ses droits. Ce réta-blissement étoit assez inutile : tout
le