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Tome III.
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DES

la préférence qu’elle donrioit à íaphilosophie sur les langues, avoientavancé , par le poison, la mort duphilosophe. Le véritable poisonétoit un mauvais régime , une ma-niéré de vivre nouvelle, & un. climat différent de celui de fa pa-trie. Descartes avoit dressé, au com-mencement de 1650, les statutsd’une académie qu’on devoir éta-blir à Stockholm, & il les portaà la reine le I er jour de février.Ce fut le dernier de fa vie qu’ilvit cette princesse. II sentit, à sonretour du palais, des pressenti-ments d’une maladie qui. devoir ter-miner ses jours, & il fut attaqué,le lendemain , d’une fievre conti-nue avec inflammation de poumon.Chanut , qui sortoit d’une maladiesemblable , voulut le faire traitercomme lui ; mais fa tête étoit siembarrassée, qu’on ne put lui faireentendre raison, & qu’il refusa opi-niâtrement la saignée, disant, lors-qu’onlui en parloir : Meffieurs , épar-gne{ le sang François ! 11 consentitcependant, à la fin, qu’elle se fît ;mais il étoit troc tard, & le mala ugmentoit insensiblement : il mou-rut le II février 16 ; o, dans fa 5 4 ea nnée. La reine avoit dessein de lefaire enterrer auprès des rois deSuède , avec une pompe convena-ble , & de lui dresser un mausoléede ™ a ^br e ; ma ; S Chanut obtint d’elle^ \ enterré avec plus de sim-plicité dans le cimetière de l’Hô-pital des orphelins, suivant l’usagedes catholiques. Son corosdemeuraa Stockholm jusqu’á l’année 1666.11 fut enlevé alors par les foins deZ>aliben , trésorier de France, pouretre porté à Paris, où il fut enterréne nouveau en grande pompe, !e^4 imn 1667, dans l’églife de Ste-enevieve-du-Mont. O11 mit ,dans7 ™ eme église, son buste avec cetteFieubel 1 ™ 611 VMS Fran ? oís - P ar

DES 2.6;

Descartes , dont tu vois ici la sé-pulture ,

A dessillé les yeux des aveuglesmortels,

Et, gardant le respect que l’on doitaux autels ,

Leur a du Monde entier démontréla structure.

Son nom, par mille écrits, se renditglorieux ;

Son esprit, mesurant & la terre &les cieux,

En pénétra l’abyme, en perça lesnuages.

Cependant, comme un autre, il cé-dé aux lois du fort,

Lux qui vivroít autant que ses di-vins ouvrages ,

Si le sage pouvoit s’affranchir de lamort.

Descartes étoit d’une taille un peuau-dessus de la médiocre , maisassez fine & bien proportionnée.II avoit la tête grosse, le front lar-ge & avancé, le teint pâle, la bou-che assez fendue , le nez bien fait,les cheveux noirs, les yeuxgris-noirs, la vue agréable, le visa-ge toujours serein & le ton de voixfort doux. LouisXVI a fait faire sastatue en marbre par M. Pajou ,en 1777- Cet homme illustre méritoit bien un tel honneur. SiDescartes eut quelques foiblessesde l’humanité , il eut aussi lesprincipales vertus du philosophe.Sobre , tempérant, ami de la li-berté & de la retraite , reconnois-sant, libéral, sensible à l’amitié,tendre, compatissant, il né con-noissoit que les passions douces ,& savoir résister aux violentes.Quand on me fait offense , disoit-il, je tache d'élever mon amefihaut ,que Voffense ne parvienne pas jusqu àelle. L’ambition ne l’agita pas plusque la vengeance. II disoit, commeOvide : Vivre caché, c’est vivre heu-reux. II pensoit, avec Sçneque le