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tragique, qu’il est malheureux iemourir trop connu des autres , Janss' être connu soi-même. Dans un mo-ment de dépit, occasionné par lestracasseries qu’on lui avoit susci-tées , il avoit résolu de ne plusrien faire imprimer, pas même sesMéditations métaphysiques , celui detous ses ouvrages qu’il estimoitleplus. J’aurois , dit-ll, une vingtained’approbateurs & des milliers d’en-r.tmis. Ne vaut- il pas mieux me taire& m’infiruire en silence ? Cependant,il ne put résister à l’amour pa-ternel; mais , avant que de pro-duire son ouvrage , il le commu-niqua aux plus savants hommesde l’Europe, & à plusieurs théo-logiens. Je veux , dit-il, m'appuyerde r autorité, puisque la vérité est fipeu de chose quand elle est seule. Quoi-que Descartes n'eût pas ce ton légerde la conversation du grand monde,il avoit, dans le commerce, une po-litesse douce, qui étoit encore plusdans ses sentiments que dans sesmaniérés. Son ame étoit très-sen-lible & très-humaíne. 11 traitait sesdomestiques comme des amis mal-heureux, qu’il étoit chargé de con-soler. Sa maison étoit pour euxune école de moeurs, & elle de-vint, pour plusieurs, une école demathématiques & de science. (Voy.ii Gillon). On rapporte qu’il lesinstruisoit avec la bonté d’un pere;& quand ils n’avoient plus besoinde son secours , il les rendoit à lasociété. Un jour un d’eux voulutle remercier: Que faites-vou s , luitìit-il ? vous êtes mou égal , }' acquitteune dette... Ce philosophe laissa ungrand nombre d’ouvrages. Les prin-cipaux font : ses Principes, in-12 ;ses Méditations, 2 vol. in-12-, faMéthode , 2 vol. in-12 ; le Traitédes Passions , in-12 ; celui de la Géo-métrie, in-12; le Traité de fHom-me, in 12; & un grand Recueil deLettres , en 6 vol. in -1 ï ; en tout,
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vol. in-12. Descartes en avoitcomposé quelques uns en latin, 8 cles autres en françois ; mais ses amisles ont traduits réciproquement enchacune langue. L’édition latine ,imprimée en Hollande, forme 6 vol.in-4°. On trouve, parmi ses Lettres,un petit ouvrage latin, intitulé :Censura quarumdam Epistolarum Bal-\aci i : « Jugement fur quelques Let-" tres de Basiac ». Cet écrit est unchef-d’œuvre de goût, ( suivantl’abbé Trublet). Descartes n’eût pasété moins capable qvé Aristote, dedonner des réglés d'éloquence 8 cde poésie. Mais ce qui immorta-lise ce grand homme, c'est l’appli-cation qu’il a su faire de l’Algèbrea la Géométrie : idée qui sera tou-jours la clef des plus profondes re-cherches de la Géométrie sublime& de toutes les sciences physico-matliématiques. C’est la partie laplus solide 8 c la moins contestée defa gloire. ( Voy. Hariot). II n’apas été aussi loin que ses secta-teurs l’ont cru, dit un homme d’es-prit; mais il s’en faut beaucoupque les sciences lui doivent aussi peuque le prétendent ses adversaires.Sa Méthode feule auroit suffi pourle rendre immortel. Les principesétablis dans cet excellent livre,font ceux-ci : « Voulez-vous trou-» ver la vérité ? formez votre es-» prit, rendez-le capable de bien» juger. Pour y parvenir, ne l’ap-» pliquez d’abord qu’à ce qu’il” peut bien con noitre par lui-mê-” we. Pour bien connoître , ne>' cherchez pas ce qu’on a écrit" ou pensé avant vous ; mais fa*
» chez vous en tenirà ce que vous
" reconnoissez vous-mêmes pour» évident. Vous ne trouverez» point la vérité fans méthode.» La méthode consiste dans Tordre.>' L’ordre consiste á réduire les» propositions complexes à des» propositions simples, 8 c à vous