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Tome III.
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res qui fournissoient de bons maté-riaux aux éditeurs à venir. Diderot,qui avoir travaillé pendant près de20 ans à ce Dictionn., n’eut pas deshonoraires proportionnés à fa peine& à son zele. II se vit obligé, peude temps après la publication desderniers volumes, d'exposer fabibliothèque en vente. L’impéra-trice de Russie la fit acheter cin-quante mille livres, & lui en laissala jouissance, fans même exigerune de ces dédicaces , qui fontrougir le protecteur & rire le pu-blic. Cependant l 'Encyclopédie , quiattiroit en partie à son éditeur cesrécompenses étrangères , avoir étéla cause d'un grand scandale dansson pays. Des propositions har-dies fur le gouvernement, des opi-nions très-hasardées fur la reli-gion , en firent suspendre l’im-preffion en 17; 2. On n’avoit alorsque deux volumes de ceDiction-naire ; on ne leva la défense réim-primer les suivants, qu’à la fin de1753. II en parut successivementcinq nouveaux tomes. Mais en1737, il se forma un nouvel orage,& le livre sut supprimé. La suitene parut qu’environ dix ans après ;maisellese distribua secrettement.On fit mêmearrêter quelques exem-plaires , & les imprimeurs furentmis à la bastille. La source de cestraverses est assez évidente , quoi-que les Encyclopédistes aient tâchéde l’obscurcir. Ils s’en prennenttantôt aux Jésuites, tantôt auxJansénistes : ici , à quelques gens-de-lettres jaloux ; là à des journa-listes chagrins , qui, ri’ayant pasété au nombre des coopérateursdel’ Encyclopédie , se réunirent touscontre l’ouvrage 8r les auteurs.Mais si ces auteurs avoient écritavec une circonspection sage , s ilsn’avoient pas mis leurs opinionstrop à découvert, les cris des anti-«ncyclopédistes sur oient été im-

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puissants : futilité du livre & le mé-rite des rédacteurs aurcient été unbouclier contre les traits de ceuxqui vouloient renverser ce palaisdes sciences. Quoi qu’il en soit,Diderot ne laissa pas étouffer songénie par les épines que ses im-prudences & celles de quelques-uns de ses collaborateurs avoientsemées fur fa route. Tout-à-toursérieux & badin , solide & fri-vole , il donna , dans le tempsmême qu’il travailloit au Diction-naire des sciences , quelques pro-ductions qui sembloient ne pou-voir gueres sortir d’une tête ency-clopédique. Ses Bijoux indiscrets ,2 vol. in-12 , font de ce nombre.L’idée en est indécente , 8í les dé-tails obscènes , fans être piquants ,même pour les jeunes gens, mal-heureusement avides de romans li-cencieux. II a , rarement, tiré unparti avantageux des scènes qu’ilimagine. II n’y a pas assez de cha-leur dans l’exécution, de fine plai-santerie , de ces naïvetés heureusesqui font l’ame d’un bon conte. Unecertaine pédfmterie philosophiquese fait sentir, même dans les en-droits où elle est entièrement dé-placée ; & jamais fauteur n’estplus lourd , que lorsqu’il veut pa-roître léger. Le Fils naturel & lePere de Famille , deux comédies enprose, qui parurent en 1757 2£1758, ne sont point dans le genredes Bijoux indiscrets. Ce font deuxdrames moraux & attendrissants,où il y a tout-à-la-sois du nerfdans le style & du pathétique dansles sentiments. La premiere pieceest un tableau des épreuves de I*vertu, un conflit d’intérêts &passions, où l’amour & l’am' tiejouent des rôles intéressants. Ona prétendu que Diderot l’avoitimité des Goldoni : fi cela est.copie fait honneur a l’original ;à l’cxception d’un petit ncmbre

(fendrons