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la cause premiere. II reconnut ;comme lui, que l’air étoit la ma-tière de tous les êtres ; mais il at-tribua ce principe primitif à unevertu divine. On prétend qu’il ob-serva avant tout autre , que l’air secondense & se raréfie. II florissoitvers l’an 500 avant J. C. On ditque c’étoit un esprit souple 8cadroit, susceptible de toutes lesformes. II étoit souvent appelé àla cour des princes qui régnoientdans l’Asie mineure, Sc qui profi-toient de ses lilmieres , soit pourétablir de nouvelles lois , soit pourrédiger par écrit des traités de paixou d’alliance.
II. DIOGENE le Cynique , né àSinope ville du Pont, fut chassé defa patrie pour crime de fausse mon-noie. Son pere, qui étoit banquier,fut banni pour le même crime. Defaux monnoyeur , il devint Cyni-que : son châtiment fit naître saphilosophie. En se retirant de Si-nope , il écrivoit à ses compatrio-tes : Vous m'avei banni de votre vil-le , & moi jè vous rélegue dans vosmaisons. Vous restes à Sinope , & jem'en vais à Athènes ; je m'entretien-drai tous les jours avec les plus hon-nêtes gens du monde , tandis que voussere\ dans la plus mauvaise compagnie.II emmena avec lui un esclave ,nommé Ménade , qui l’abandonnabientôt après. Comme on lui con-seilloit de faire courir après lui,il répondit: Ne seroit- il pas ridi-cule que Ménade pût vivre fans Dio-gene , & que Diogene ne pût vivre fansMénade ? Arrivé à Athènes, il allatrouver Antifihene , chef des Cyni-ques ; mais ce philosophe, quiavoit fermé son école , ne voulutpas le recevoir. II revint de nou-veau. Antiflh'ene prit un bâton pourle chasser: Frappe ç, lui dit Dioge-ne -, tant que vous aure\ quelque choseà m'apprendre , vous ne treuvere^ja-mais âc bâton ajse{ dur pour m y e-
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lolgnerde vous. Le maître , vaincupar fa persévérance , lui permitd’être son disciple. Jamais il n’eneut de plus zélé. Diogene goûtabeaucoup un genre de philosophiequi lui promettoit de la célébrité ,& qui ne lui prescrivoit que le re-noncement à des richesses qu’il n’a-voit point. II joignit aux prati-ques rigoureuses du Cynisme , denouveaux degrés d’austérité. IIprit l’uniforme de la secte ; un bâ-ton , une besace , Sc n’avoit pourtout meuble qu’une écuelle.Ayantapperçu un jeune enfant quibu-• voit dans le creux de fa main : ilm'apprend , dit-il , que je conserve dusuperflu -, Sc il cassa son écuelle. Untonneau lui servoit de demeure ,& il promenoir par - tout sa mai-son avec lui, comme les limaçonspromènent la leur. Qu’on ne croiepas qu’avec son manteau rapiécé,sa besace & son tonneau, il fût plusmodeste ; il étoit aussi vain fur sonfumier, qu'un monarque Persansur son trône. Ce sophiste orgueil-leux étant entré un jour chez Pla-ton , dontla philosophie étoit dou-ce Sc commode , se mit à deuxpieds fur un beau tapis, en disant :Je foule aux pieds le faste de Platon.— Oui , répliqua celui-ci, maispar une autre forte de faste.. . Platonayant défini l’homme un animal àdeux pieds fans plumes ; Diogenepluma un coq, & le jetant dansson ecole : Voilà , dit - il, votrehomme. C’est apparemment alorsque Platon dit, que Diogene étoitun Socrate fou... Alexandre le Grandétant à Corinthe , eut la curiofitede voir cet homme singulier; il luidemanda ce qu’il pouvoir faire pourlui? Diogene le pria de se détour-ner seulement tant soit peu, & de nepas lui ôter son soleil. Le conqué-rant fut vaincu dans cette occa-sion par le philosophe. Cette ré-ponse lui parut si sublime, qu'"