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Tome III.
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passions, & devieht elle-mêmê unepassion condamnable. Peu à peuson enthousiasme diminua , & ileut de la piété fans superstition. Dela retraité de la Rochette, il passedans celle de Sainte-Anne, auprèsde Luncvílle. Six vaches à garder ,quatre hermites de la plus grossièreignorance, & quelques bouquinsde la Bibliothèque - bleue , furentles feules ressources que Duval ytrouva pour son éducation. 11 par-vint cependant à Rapprendre seulà écrire. Un abrégé d’Àrithmétiquedevint le nouvel objet de ses étu-des, auxquelles il fe livra dans lesilence des bois. Enfin il prit lespremieres notions d’astronomie &rie géographie , à Pairie de ses feu-les réflexions, de quelques Cartes,& d'un tube de roseau placé fur unchêne élevé , dont il avoir fait fouobservatoire. Plus il apprenois, &plus il brûloir du désir d’appren-dre (*) encore ; mais Pétai de fabourse ne répondoit pas à son dé-sir. Pour y suppléer , il s’avisa dedéclarer .la guerre aux animaux desfoièts, dans le dessein de vendreleurs fourrures. L’atdeur & le cou-rage qu’il metroit à cetre chasse ,ennoblie par son motif, font véri-tablement incroyables. 11 eut unjour u ne lutte violente à soutenircontre uu chat sauvage, dont lavictoire lui coûta beaucoup desang. Enfin , sa constance lui ayantprocuré, au bout de quelques ir.ois,une quarantaine d’e'cus, il les portab:en vîte à Nanci pour avoir deslivres. Une aventure heureuse aug-menta l’on petit trésor. 11 trouvaun jour un cachet d’or, armoirié ;

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i! le fait annoncer au prône. UaAnglois fe présente : c’étoi: MiFor/ler, homme d’un mérite connu.Si ce cachet est à vous , ( lui dit Du*val, ) je vous prie de le blasonnet .Tu te moques de moi, jeune hom-me ! le blason n’est assurément pasde ton ressort. — Soit ; mais je vousdéclare , qu'à moins de blafonntr vo-tre cachet , vous nc satires pas. Sur-pris de ce ton ferme , M. Forftetobéit, récompensa le jeune pâtre,& l’invita à Palier voir. Par sa gé-nérosité, la bibliothèque de Duvals’accrut jusqu’à 400 volumes , tan-dis que fa garderobe restoit tou-jours la mime. Un sarreau de toileou de laine, & des sabots , compo-soient tout son ajustement. Pen-dant qu’il íormoit ainsi son espritpar l’étude, le troupeau n’en alloi £pas mieux. Les hermites s’en plai-gnirent; l’un d eux le menaça mê-me de brûler ses livres, St joignitun geste offensant à cette menace.Duval èto'n né , comme nous Pa-vons dit, ardant & sensible. La ser-vitude avoir plié Ion ame à la sou-mission , mais nullement aux insul-tes. 11 saisit une pelie-à-feu, met lefrété à la porte de fa propre de-meure, en tait autant aux autresqui accourent au bruit, St s'enfes-me seul à double tour. Le supé-rieur arrive , & Duval ne lui ou-vre la porte qu’après lui avoir f a, ‘accepter une capitulation. Les deupoints principaux du traité furest*’ct I’oubli de tout le passé, & de u ^» heures par jour à Pavenir p° u>1 vaquer à ses études »- A ceconditions, il s’engagea « û fet v» l'hermitage pendant dix anS '

(*) On jugera de la violence de ce deíìr , par le trait suivant. Touttnen^ »dans fa jeunesse, de cette fievre des sens que la nature fait épo 11 'de i'pmour , qui r.uisoit à ses études, le jeune philosophe sot "j 0mettre lion ordre. 11 íe rappela d’avoir lu dans S. Jérôme, l l u0 ?|f a jl-guérit avec de la ciguë. 11 en mangea une salade si copieuse, c i l '.' ine i)tlit à en mourir, & que ses désirs furent éteints pour jamais. Ile ure uce poison n'altéra point la sensibilité de son ame.