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Tome III.
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A'í méprise { pas tant ce Tableau ; ila été peint par Erasme. Ou dit auffi(ajoute M. Saverien) qu’il divertis-fbit son ennui par le commerce desfemmes. En effet, Erasme ne sedéfend pas d’avoir été sensible auxcharmes de l’amour; mais il assurequ’il n’a jamais été esclave deVénus , & qu’il sut modérer sontempérament, quoiqu’il ne le ré-primât pas toujours. A 2; ans, ilfut élevé au sacerdoce par l’évêqued’Utrecht. On connoissoit dès lorstout ce q u'on pçuvoit attendre delui : fa pénétration étoit très-vive,& fa mémoire très heureuse. Eras-me voyagea, pour perfectionnerses talents, en France, en Angle-terre, en Italie. II séjourna prèsd’un an à Bologne, & y prit en15 c6 le bonnet de docteur en théo-logie. Ce fut dans cette ville que,ayant été pris pour chirurgien despestiférés à cause de son scapulaireblanc , il fut poursuivi à coups depierres, & courut risque de sa vie.Cet accident lui donna occasiond.’écrire à Lambert Erunius , secré-taire de Jules II, pour demanderla dispense de ses vœux : il l’obtint.De Bologne il passa à Venise ,ensuite à Padoue , enfin à Rome,où ses ouvrages l’avoient annoncéavantageusement. Le pape , lescardinaux, en particulier celui deMélicis, (depuis Léon X ) le recher-chèrent. Erasme auroit pu fe faireun fort heureux 5 c brillant danscette ville ; mais les avantagesque ses amis d’Angleterre lui fai-soient espérer de la part de HenriVIII, admirateur zélé de ses ta-lents , lui firent préférer le séjourde Londres. Thomas Munis , grar.d-chancelier du royaume , lui donnaun appartement chez lui. Erasmes’étant présenté à lui fans se nom-mer, Morus fut si agréai).ententsurpris des charmes de la conver-sation de cet inconnu, qu’il lui dit:

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i Vous ètes Erasme , ou un Démon.On lui offrit une cure pour le fixeren Angleterre ; mais il la refusa :cet emploi ne convcnoit point àun homme qui vouloir promenersa gloire par toute l’Europe. II fitun second voyage en France , l an1510, & peu de temps après, ilretourna encore en Angleterre.L’université d’Oxford lui donnaune chaire de professeur en langueGrecque. Soit qu 'Erasme fût natu-rellement inconstant , soit quecette place lui parût au-dessous deson mérite, il la quitta pour seretirer à Baie, d’où il alloit assezsouvent dans les Pays - Bas , 5 ímême en Angleterre , fans que sesfréquentes courses l’empêchassentde donner au public un grand nord'bre d’ouvrages. Léon X ayant étéélevé furie saint-siége, Erasme lutdemanda la permission delui dédierson Edition grecque & latine du1Svuve.iu- Testament, & en reçut laréponse la plus obligeante. H n ®sut pas moins estimé par le succes-seur de Léon , 8c par les autressouverains pontifes. Clément Vt*& Henri VIII lui écrivirent de

leur propre main pour fe ratta-cher. Le roi de France François I ,Ferdinand , roi de Hongrie, Sigif'mond, roi de Pologne, & plusieursautres princes, effayerenten vait*de l’attirer auprès d’eux. Erasme tami de la liberté, autant eu’enne-mt de la contrainte des cours, n’ac-cepta que la charge de conseisi eíd’état , que Charles d’Autriche(depuis empereur fous le nom deCharles-Quint') lui donna. Cetteplace lui acquit beaucoup de cré-dit , fans lui procurer beaucoupde gêne. L’hérésiarque Martin Lu-ther tâcha de l’engager dans t-parti, mais inutilement : Erasme rprévenu d’abord en faveur desréformateurs, fe dégoûta d'et’X,quand il les cut mieux connus.